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Quels sont les effets de la foudre sur notre organisme ?

Le 28 mai 2016, onze personnes ont été foudroyées dans le parc Monceau à Paris. Ce type d’accident est rare tandis que les impacts sur l’organisme peuvent être très lourds. Il est cependant intéressant de comprendre comment agit la foudre sur le corps humain.

Ce week-end à Paris, ce sont huit enfants et trois adultes qui ont été grièvement blessés, ayant conduit à l’hospitalisation de cinq d’entre eux. Le groupe qui fêtait un anniversaire s’était réfugié sous un arbre avant que la foudre ne s’abatte sur eux.

En France, ce type d’accident reste rare, on estime entre 50 et 100 le nombre de personnes frappées par la foudre alors que 20 à 30% d’entre eux succombent suite au choc, soit une moyenne de 16 décès. Les survivants en gardent néanmoins des séquelles. Quels sont les effets de la foudre sur le corps humain ?

Prenons un nuage orageux chargé électriquement, où les charges négatives se concentrent à sa base et les charges positives en son sommet. Au sol, les charges positives remontent vers la surface, sous le cumulonimbus, attiré par les charges négatives du nuage orageux. Ainsi, les charges négatives cherchant à rejoindre le sol tentent de le faire par le chemin le plus court.

L’air est un isolant, c’est pourquoi ces charges cherchent un support offrant une faible résistance électrique par exemple un arbre. Cependant, un corps humain est un excellent conducteur surtout lorsqu’il est isolé et debout, il devient donc le raccourci espéré. Alors que les systèmes nerveux et vasculaires sont de bons conducteurs, la peau l’est tout autant surtout lorsqu’elle se trouve mouillée.

Cet accident est si brutal (jusqu’à 100 millions de volts) qu’il ne dure qu’une fraction de seconde : « l’homme qui voit l’éclair et entend le tonnerre n’est pas celui qui sera foudroyé » écrivait l’auteur romain Pline l’Ancien au 1er siècle après J.C.

La foudre impacte l’être humain mais cela dépend de la manière dont la victime est touchée. Une méta-analyse du Service d’Anesthésie et Réanimation du CHU de Toulouse en collaboration avec des médecins de l’Unité de Brûlologie tend a différencier les mécanismes d’atteinte de la foudre sur l’être humain.

La différence est faite entre le « coup de foudre direct », c’est à dire lorsque la foudre se décharge directement sur la victime, et le « coup de foudre latéral ». Ce dernier est décliné en plusieurs types : le premier, frappant une personne en contact avec la terre qui se serait réfugiée sous une structure conductrice, comme un arbre ou une tente. Le second relève de l’électrisation de contact, lorsqu’un corps entre en contact avec un élément conducteur lui-même foudroyé. Il existe également le foudroiement de pas (lorsque la foudre frappe le sol et se diffuse), le foudroiement dans une habitation (la foudre frappant des lignes électriques extérieures) ou encore le foudroiement collectif.

Les séquelles peuvent être graves ou superficielles. Par exemple au niveau de la peau, si le courant n’impacte que le corps en surface, ceci n’occasionnera que des brulures superficielles plus ou moins graves. Cependant, dans le cas où ce même courant passe à travers la peau, ce dernier peut causer des lésions cutanées profondes pouvant aller jusqu’à des nécroses de tissus osseux et musculaires.

« Ceci pourrait être dû au trajet du courant empruntant préférentiellement les zones cutanées les plus conductrices, c’est-à-dire la microvascularisation. Il n’existe cependant aucune explication scientifiquement reconnue » peut-on lire dans la méta-analyse.

Après l’électrocution, la victime peut être atteinte d’asphyxie. Elle se trouve généralement immobilisée, sa cage thoracique figée, accompagné d’une difficulté respiratoire voire d’une apnée. Si le courant passe par le cœur, il peut y avoir un arrêt cardiaque :

« Le faciès est pâle, les pouls sont imperceptibles. Cet état de mort apparente peut se prolonger de quelques secondes puis se résoudre spontanément, sinon une réanimation cardio-circulatoire (bouche-à-bouche et massage cardiaque) est nécessaire »

Plus fréquemment, des symptômes neurologiques sont observés chez les patients foudroyés. Cela peut aller de la perte de connaissance au coma avec lésions cérébrales, en passant par le traumatisme crânien. Les risques peuvent être également relatifs à la vision puisque des lésions oculaires peuvent apparaitre, ou encore au niveau de l’ouïe (lésions auditives).

Sources : Sciences et AvenirLe Dauphiné Libéré