in

Une association de consommateurs détaille l’échec de l’indice de réparabilité

Crédits : DragonImages / iStock

L’indice de réparabilité avait pour objectif de réduire le gaspillage et d’orienter le consommateur vers des produits plus durables. Néanmoins, il est loin d’être un succès selon une importante association de consommateurs. Elle explique les raisons de cet échec et appelle le gouvernement à mener une réforme.

L’indice n’est pas une information pertinente

En janvier 2021, l’indice de réparabilité entrait en vigueur dans le cadre de la loi relative à la lutte contre le gaspillage. Depuis, les fabricants d’équipements électriques et électroniques doivent faire figurer un indice de réparabilité sur certains produits. Il s’agit d’ailleurs d’une mesure logique, car de nombreux Français préfèrent réparer leurs appareils plutôt que de procéder à un remplacement. Cependant, cet indice de réparabilité serait actuellement dans l’échec selon un communiqué de l’association de consommateurs UFC Que Choisir publié le 14 décembre 2021.

L’association rappelle que cet indice donnant une note sur dix doit figurer sur les produits de cinq catégories, à savoir les téléviseurs, les smartphones, les téléphones portables, les lave-linge à hublot et les tondeuses. À partir de 2024, l’indice de réparabilité deviendra ensuite un « indice de durabilité » et sera étendu à d’autres catégories d’appareils.

L’analyse de 330 produits en vente sur près d’une dizaine de plateformes en ligne prouve toutefois que l’indice ne représente pas une information pertinente. En effet, l’UFC Que Choisir a relevé des notes autour de 7/10 pour certains smartphones et téléviseurs. Or, c’est assez curieux dans la mesure où les pièces détachées sont les plus difficiles à obtenir concernant ces deux catégories de produits.

indice de réparabilité
Crédits : Ministère de la Transition Écologique

Pourquoi un tel échec ?

Pour l’association de consommateurs, l’indice de réparabilité offre aux marques un « satisfecit artificiel sur la réparabilité de leurs produits ». De plus, la loi permettrait à ces mêmes marques de gonfler leurs notes. Citons par exemple les ordinateurs portables pour lesquels la réinitialisation du système d’exploitation est un critère valable. Or, ce genre de pratique n’a pas attendu l’entrée en vigueur de cette mesure pour devenir une habitude.

Par ailleurs, plusieurs sites en ligne et certaines grandes enseignes ne prennent pas la peine d’afficher l’indice. Il faut dire que les contrôles officiels pour vérifier l’application de la loi n’apparaîtront qu’au début de l’année 2022. Et même en cas d’affichage, le détail du calcul de l’indice n’est pas facile à trouver ou est parfois tout simplement indisponible. L’association a également affirmé avoir contacté plusieurs marques afin d’obtenir le détail de leur grille de notation. Malheureusement, les marques ne les ont fournis que dans un cas sur dix.

En conséquence, l’UFC Que Choisir a formulé quelques demandes auprès du gouvernement. L’association réclame principalement une revision de la loi et de la construction de l’indice. L’objectif est de faire en sorte que l’indice reflète réellement la possibilité de réparer les produits. L’association a aussi communiqué sur la fameuse grille de notation, dont l’accès et la clarté doivent être garantis.