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La dyslexie aurait pour cause une anomalie anatomique !

Crédit : Wikimedia

La dyslexie est un trouble de la lecture qui se développe pendant l’enfance et l’adolescence. Elle toucherait près de 700 millions de personnes dans le monde et serait affiliée à l’utilisation différentielle de certaines aires cérébrales anormalement impliquées dans le processus. De nouvelles recherches nous révèlent que l’origine du trouble serait aussi anatomique : une anomalie visuelle pourrait en effet en être responsable ! 

Publiés dans la revue scientifique Proceedings of the Royal Society B, les résultats de l’étude menée par un groupe de chercheurs de l’Université de Rennes avancent une cause anatomique à la dyslexie. Ce trouble de l’apprentissage proviendrait d’une malformation des récepteurs visuels captant la lumière. Normalement asymétriques d’un œil à un autre chez un sujet non atteint de dyslexie, ils se sont révélés similaires chez des sujets présentant un trouble de la lecture !

Ces récepteurs asymétriques ont normalement pour but d’envoyer un unique signal au cerveau et donc la création d’une unique image. Seul l’un des deux yeux intervient dans le processus. Dans le cas des personnes atteintes de dyslexie, les récepteurs concernés sont symétriques et renvoient donc des signaux équivoques difficilement sélectionnables par le système cérébral.

D’après Guy Ropars, l’un des chercheurs en marge de l’étude, « L’asymétrie est nécessaire pour éliminer l’image miroir qui empêche une lecture normale si elle persiste comme chez les dyslexiques ». Ces images-miroirs seraient donc source de confusion. Pour valider leur hypothèse, M. Ropars et son collègue Albert le Floch mirent en place une démarche expérimentale sur soixante de leurs étudiants séparés en deux groupes : l’un composé d’individus dyslexiques, l’autre pas. Chez les individus atteints de dyslexie, ils observèrent une différence de vitesse signalétique entre l’image primaire d’un œil et l’image miroir créée par l’autre de l’ordre de dix millisecondes.

Grâce à l’utilisation d’une lampe stroboscopique à LED, ils ont pu interférer avec la deuxième image source de confusion et rendre la lecture possible (voir ci-dessous). Reliée à la grande plasticité cérébrale, cette nouvelle technologie permettrait un réapprentissage de la lecture et pourrait prochainement être utilisée par les médecins pour en réduire les troubles de la dyslexie.

Crédits : Asymétrie droite-gauche chez les adultes avec et sans dyslexie /Albert Le Floch & coll./Proceedings of the royal society

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