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La drogue réduirait le volume du cerveau des femmes

Crédits : Pixabay

Comment les effets de la toxicomanie diffèrent selon le sexe? C’est ce qu’ont cherché à savoir des chercheurs américains dans une étude qui a révélé qu’une consommation abusive de drogue réduit le volume du cerveau des femmes, un phénomène qui n’a pas été observé chez les hommes.

Si plusieurs études ont préalablement démontré que les femmes ne sont égales aux hommes quant aux effets à long terme de la consommation d’alcool et de drogues, une nouvelle étude réalisée par les chercheurs de l’Université de Denver, et publiée dans la revue Radiology, démontre que les effets sur le cerveau diffèrent selon le sexe, à savoir que l’abus de drogues peut réduire le volume du cerveau chez les femmes, mais pas chez les hommes.

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont analysé la structure du cerveau par IRM de 127 hommes et femmes, divisés en deux groupes : Un premier groupe de 59 personnes (28 femmes et 31 hommes) qui avaient connu une dépendance à la cocaïne, aux amphétamines ou aux méthamphétamines pendant 15,7 ans en moyenne, et un second groupe de 68 personnes en bonne santé (28 femmes et 40 hommes), de la même tranche d’âge.

« Nous avons constaté que les femmes qui étaient auparavant dépendantes avaient un volume de matière grise nettement plus faible dans différentes zones cérébrales par rapport aux femmes en bonne santé », déclare Jody Tanabe, auteure principale de l’étude. En effet, après une moyenne de 13,5 mois de sevrage, les femmes auparavant dépendantes avaient un volume beaucoup plus petit de matière grise dans les régions frontales, limbiques et temporales du cerveau.

Cette observation faite à propos du cerveau des femmes qui avaient été dépendantes n’a pas été réalisée pour celui des hommes. « Alors qu’on a observé une notable déperdition cérébrale chez les femmes ex-dépendantes par rapport aux femmes non dépendantes, aucune différence n’a été observée chez les hommes », déclare Jody Tanabe. La précocité des premières consommations des drogues préalablement mentionnées serait en cause, à savoir que les femmes ont tendance à commencer la cocaïne ou les amphétamines à un âge plus précoce, du coup, leur degré de dépendance est plus rapidement croissant. « Nous espérons que nos résultats mèneront à une enquête plus approfondie sur les différences entre les sexes dans la dépendance aux substances et, par conséquent, des traitements plus efficaces », conclu le Dr Tanabe.

Source : healthcanal