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[Dossier] Expérimentations animales : pourquoi elles sont nécessaires ?

Crédits : Bohun_pl / Pixabay

Il parait difficile d’imaginer la mise au point de nouveaux médicaments sans effectuer auparavant des tests sur les animaux. Pourtant, ce point de vue scientifique est aujourd’hui très controversé par la plupart des associations de défense des animaux. Suite à une pétition signée par 1,3 million de citoyens européens, ce sujet va être débattu à la Commission Européenne. Dans cet article, découvrez un point de vue contre cette future proposition de loi.

L’initiative citoyenne européenne Stop Vivisection veut abolir l’expérimentation animale en Europe. Pour plus d’informations sur cette ICE, vous pouvez vous reporter à l’article introduisant le sujet (cliquez ici).

JF est ingénieur d’études en expérimentation animale et travaille actuellement sur des souris pour la recherche contre le cancer. Elle a accepté de répondre à nos questions, en préférant rester anonyme.

– D’après vous, les expériences sur les animaux sont-elles cruelles ?

« Les expériences avec les animaux nécessitent une autorisation spéciale par un comité d’éthique. Chaque projet est soumis à une évaluation. La personne en charge du projet doit rédiger un document qui est évalué par ce comité. Celui-ci se réunit régulièrement et est composé de personnes impliquées dans le projet, de personnes scientifiques non impliquées, ainsi que de personnes totalement extérieures au domaine scientifique. »

« De plus, les vivisections (dissections d’animaux vivants) sont interdites et ne sont plus exercées aujourd’hui. Elles sont souvent confondues avec les dissections qui se font sur des animaux euthanasiés préalablement. Pour les euthanasies, il y a des règles et des techniques connues pour chaque espèce garantissant une mort sans douleur. »

– Ces expériences sont-elles toujours nécessaires ?

« Un médicament ne peut pas être mis en vente s’il n’a pas été testé avant (sauf pour les cosmétiques), il faut une autorisation de mise sur le marché qui implique des tests chez l’animal. C’est la loi. »

Pour JF, les expériences animales pour des tests de médicaments ou de dispositifs médicaux pour l’Homme et pour l’animal sont indispensables. En revanche, d’après elle, de nombreuses expériences peuvent être évitées si un système d’archive des prélèvements existe.

– Quelles sont les règles à respecter aujourd’hui pour travailler sur des animaux ?

« Une règle de base est apprise lorsque l’on passe l’habilitation à faire des projets sur l’animal : la règle des 3R (réduction du nombre d’animaux utilisés, raffinement de la procédure (c’est-à-dire bien penser le protocole pour avoir un résultat analysable sans utiliser trop d’animaux), remplacement de l’animal quand c’est possible ou par un animal dit « moins sensible » comme la souris ou le rat par rapport au singe par exemple).

Dans le laboratoire où je travaille, tous les prélèvements de souris sont conservés, ceci évite de refaire une analyse utilisant de nouvelles souris. Si j’ai besoin d’analyser un prélèvement pour une étude dont le protocole a déjà été réalisé, je n’ai pas besoin d’utiliser de nouvelles souris, je peux utiliser les prélèvements déjà existant. […] Cela permet de remplir les 3 R de la règle. »

– N’y a-t-il pas, selon vous, de solutions alternatives ?

« Malheureusement, nous sommes obligés de passer par l’expérimentation animale pour mettre en avant les effets, d’un médicament par exemple, sur l’organisme entier. Aucune culture cellulaire ne peut représenter un être vivant entier. Il est impossible d’envisager commercialiser un médicament par exemple, sans savoir si un être vivant peut vivre avec ce traitement.

Mais il faut savoir que les personnes travaillant dans ce domaine cherchent au maximum à réduire le nombre d’animaux utilisés et cherchent des solutions alternatives. »

Découvrez également le point de vue d’André Ménache (cliquez ici), directeur de l’association européenne Antidote, un des principaux soutiens de l’ICE Stop Vivisection.

– Crédits photo : Janet Stephens