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Expérimentation animale : l’Europe n’abolit pas, mais progresse dans ce sens

Crédits : PDPics / Pixabay

Protéger la santé humaine et l’environnement, tout en veillant au bien-être animal. C’est l’objectif qui a été rappelé par la Commission Européenne ce lundi 3 juin 2015. L’Europe va donc limiter davantage l’usage de l’expérimentation animale, sans pour autant la bannir, son abolition étant jugée comme « prématuré ».

C’est dans un communiqué que la Commission Européenne a publié sa décision sur le sujet difficile des expérimentations animales, répondant ainsi à l’Initiative Citoyenne Européenne Stop Vivisection. Celle-ci voulait abroger la directive européenne de 2010 encadrant ces expérimentations (voir notre dossier sur le sujet). Les arguments pour et contre l’expérimentation animale avaient été échangés lors d’une audition organisée le 11 mai au Parlement européen.

Supprimer les expérimentations animales, oui, mais pas tout de suite

La Commission Européenne s’est félicitée de la mobilisation des citoyens en faveur du bien-être animal et a rappelé que l’objectif est, à terme, de supprimer totalement les expérimentations animales. Cependant, elle appuie sur le fait que l’abolition serait aujourd’hui prématurée. En effet, une telle interdiction engendrerait une délocalisation de la recherche et de l’expérimentation biomédicales dans des pays où la législation est beaucoup moins sévère que l’Union Européenne à ce sujet.

De plus, elle ne partage pas l’avis de l’ICE selon lequel des principes scientifiques invalideraient le « modèle animal » et souligne que maints progrès médicaux n’auraient pas été possibles sans le recours à ces modèles :

« Les études expérimentales sur les animaux ont toujours été indispensables pour mettre au point des méthodes de prévention et de limitation des maladies humaines et animales. Elles ont contribué à améliorer la santé publique, la qualité de la vie et à allonger l’espérance de vie. Il existe aujourd’hui des traitements efficaces pour de nombreuses maladies infectieuses, certaines formes de cancer et diverses maladies chroniques telles que le diabète. Ces progrès auraient été irréalisables sans les connaissances acquises au moyen d’études expérimentales sur des animaux. »

4 engagements de l’UE pour fin 2016

Dans son communiqué, l’Union Européenne s’est engagée à prendre les actions suivantes « afin d’accélérer la mise au point et l’utilisation de méthodes ne recourant pas à l’utilisation d’animaux pour les activités de recherche et d’expérimentation » :

  1. Accélérer les progrès accomplis dans le respect du principe des « trois R », grâce au partage des connaissances : « Remplacer, réduire et perfectionner » (« Replace, Reduce and Refine » en anglais) l’utilisation d’animaux ; la règle des « 3 R » est promue par l’UE depuis 2010, mais celle-ci s’engage à présenter d’ici fin 2016 une étude sur les moyens de renforcer l’avancement de ce principe ;
  2. Continuer à soutenir la mise au point, la validation et la mise en œuvre de nouvelles méthodes de substitution ;
  3. Contrôler l’application des « trois R » et harmoniser la législation sur ce principe ;
  4. Engager un dialogue avec la communauté scientifique pour progresser vers l’objectif de la suppression progressive de l’expérimentation animale.

Pour aller plus loin sur la question de l’expérimentation animale, retrouvez les interviews d’André Ménache, directeur de l’association européenne Antidote, un des principaux soutiens de Stop Vivisection (retrouvez ses arguments ici), et d’une ingénieure d’études en expérimentations animales pour la recherche contre le cancer (interview ici).

Sources : Commission EuropéeeneLe Monde

– Illustration : Fondation Brigitte Bardot