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Doit-on traquer les mobiles pour lutter contre l’épidémie de Covid-19 ?

Crédits : Max Pixel

La France est comme de nombreux autres pays en situation d’urgence sanitaire. Doit-on comme en Chine, utiliser des moyens contraires au respect de la vie privée et des libertés individuelles ? En France, les autorités réfléchissent à traquer les téléphones portables dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de Covid-19.

Traquer les récalcitrants au confinement

Malgré le fait que la Chine soit potentiellement exposée à une seconde vague épidémique de Covid-19, ce pays s’en est sorti pour l’instant. Or, ceci a semble-il été possible grâce au déploiement d’un véritable arsenal technologique de surveillance de masse. Parmi ces technologies, nous retrouvons la géolocalisation des téléphones portables dans le but d’épingler les citoyens ne respectant pas le confinement.

Depuis, des mesures de pistage via les données de localisation sont en vigueur dans plusieurs pays européens dont l’Allemagne, l’Autriche et l’Italie. Il faut savoir que le 16 mars 2020, le Comité européen de la protection des données (CEPD) a permis le recours à des dispositifs exceptionnels concernant le traitement des données personnelles des utilisateurs. En France, les autorités réfléchissent encore à la question mais nombreuses sont les voix appelant à l’utilisation des données des opérateurs.

Comme l’explique LCI, La Quadrature du Net estime que la pandémie de Covid-19 pourrait malheureusement ouvrir la voie vers des dérives sécuritaires. Pour Benoît Piedallu membre de l’association, il est question d’un “solutionnisme technologique” dont l’objectif est de “masquer les errements de l’exécutif dans la gestion de la crise”.

GPS tracking
Crédits : Flickr / Surrey County Council News

Comment marche le pistage ?

Les opérateurs utilisent le bordage du téléphone portable. Ainsi lorsque nous circulons, le signal émis par l’appareil est capté par une antenne-relais, puis une autre etc. En considérant ces signaux, les opérateurs peuvent donc suivre nos mouvements. La précision est de quelques dizaines de mètres et n’est dont pas celle du GPS. Toutefois, cela semble suffisant afin de déterminer si quelqu’un ne respecte pas les mesures de confinement.

Il faut savoir que sur le continent le Règlement européen sur la protection des données personnelles (RGPD) garanti l’anonymat des données. Autrement dit, rien ne permet d’identifier les individus traqués. Néanmoins, citons l’exemple de l’opérateur allemand Deutsche Telekom. Celui-ci est parvenu à donner accès à la localisation de ses 46 millions de clients. L’objectif ? Permettre à un institut de santé de modéliser la propagation de l’épidémie. En Italie, les autorités sont parvenues à faire un constat très préoccupant : seulement 60 % des citoyens respectent réellement le confinement !