Doit-on « rebooter » les races de chien pour résoudre leurs problèmes de santé ?

bouledogue français
Crédits : Albertobrian / iStock

Alors que les chiens ont de plus en plus de problèmes de santé, une question se pose : faut-il « réinitialiser » leurs races afin de repartir du bon pied ? Une spécialiste britannique estime que cette possibilité devrait être étudiée. Néanmoins, l’idée fait débat parmi les experts.

Des chiens particulièrement vulnérables

Les chiens sont de plus en plus à rencontrer de graves problèmes. Or, interrogée par le quotidien The Guardian le 2 juin 2024, Clare Rusbridge, spécialiste en neurologie vétérinaire à l’Université du Surrey (Royaume-Uni), a rappelé que la multiplication des croisements est à l’origine de la plupart des soucis de santé actuellement constatés chez les chiens. La neurologue vétérinaire a détaillé une possible solution : le « rebootage » (ou réinitialisation) des races.

Par réinitialisation, il faut comprendre la mise en place de croisements réfléchis. Le but ? Rapprocher les races de leur état initial et éviter ainsi de nombreux maux. Par exemple, les bouledogues français, réputés particulièrement vulnérables, ne souffriraient plus d’affections de la moelle épinière ou encore de problèmes respiratoires.

Le cas des Cavaliers King Charles est également très préoccupant, fréquemment concernés par des pathologies cardiaques et des déformations au niveau du crâne. Clare Rusbridge rappelle en effet que vers l’âge de dix ans, ces chiens ont pratiquement tous un souffle au cœur et que la plupart meurent après avoir contracté la maladie myxomateuse de la valve mitrale (MMVD). Il faut dire que cette maladie s’est rapidement généralisée ces dernières années, à tel point que la Norvège a interdit les élevages de ces chiens en 2022.

Cavalier King Charles chiens
Des chiens de race cavaliers King Charles. Crédits : Bigandt_Photography / iStock

Plusieurs solutions possibles

La neurologue vétérinaire préconise donc le « nettoyage » du patrimoine génétique des races plutôt que certaines manipulations génétiques qui pourraient permettre de rendre les races plus résistantes. Par ailleurs, l’experte explique qu’il ne faudrait pas beaucoup de croisements pour revenir à des chiens ressemblants aux originaux. De plus, il faut savoir que cette idée n’est pas nouvelle en soi puisque déjà appliquée en Finlande. En revanche, la méthode ne fait pas l’unanimité chez les spécialistes et notamment au sein des éleveurs eux-mêmes.

Parmi les opposants, nous retrouvons Michael Levy, à la tête d’un club britannique qui tourne autour de l’élevage de chiens Cavalier King Charles. Il conseille en effet plutôt de sélectionner les individus les plus solides au sein de chaque race, puis les faire se reproduire. Au contraire, les animaux atteints par la MMVD seraient écartés de la reproduction. En théorie, cela permettrait alors de reconstruire petit à petit des lignées résistantes, au sein desquelles les maladies connues deviendraient progressivement plus rares.