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Le dixième gène du virus du Sida a été identifié

Cellule infectée par le VIH / Crédits : NIAID

Suggéré et recherché depuis une vingtaine d’années, le dixième gène du virus du Sida a enfin une existence confirmée puisqu’il vient d’être identifié par des chercheurs français du CNRS et de l’université de Montpellier. Leurs recherches ont été publiées dans la revue PNAS. C’est une nouvelle approche bio-informatique qui a permis cette identification.

Dans les années 1980, la communauté scientifique s’accordait à affirmer que le virus responsable du Sida (VIH-1) possède neuf gènes, bien que l’existence d’un dixième gène ait été suggérée depuis la fin des années 1980. Après une vingtaine d’années de recherches, l’existence de ce dixième gène est confirmée puisque ce dernier a enfin pu être identifié par des chercheurs du CNRS et de l’université de Montpellier, qui publient leurs travaux dans la revue PNAS.

C’est grâce à une nouvelle approche bio-informatique que cette découverte a été rendue possible, laquelle implique la comparaison de 23 000 séquences d’ARN viral provenant de l’homme, mais aussi du singe (chez le singe, on parle de VIS, le virus de l’immunodéficience simienne), avec pour objectif de retracer l’évolution du VIH à partir de sa première diffusion chez l’être humain. Ainsi, ils ont découvert que ce dixième gène, baptisé « asp« , n’existe pas chez le singe, mais uniquement dans le groupe M du VIH-1, le virus responsable de la quasi-totalité des cas de Sida dans le monde (Le groupe M du VIH-1 est responsable de 99% des infections sur un total de 75 millions).

L’apparition de ce gène remonte à l’émergence du VIH-1 chez l’homme, vers le début du XXe siècle et s’il n’a pas été identifié plus tôt, c’est parce qu’il était bien dissimulé et chevauchait en partie un autre gène, chargé de réguler l’enveloppe du virus, le gène « env« . L’évolution du VIH a visiblement favorisé le maintien d’asp : diverses mutations se sont produites pour que la protéine continue d’être exprimée, ce qui suggère que ce gène a une fonction importante, mais surtout avantageuse pour le virus, selon les chercheurs. Mais pour le moment, ces chercheurs sont incapables de dire quelle est la fonction de cette protéine.

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