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Un dixième de la nature sauvage a disparu depuis 1990

Crédits : Andy_Bay / Pixabay

La Terre a perdu plus de trois millions de kilomètres carrés de l’étendue de sa nature sauvage en 20 ans, soit un dixième de ses espaces libres de toute empreinte humaine. Une zone d’environ deux fois la taille de l’Alaska. L’Amazonie et l’Afrique centrale ont été les plus durement touchées.

Le rapport est alarmant. Ces résultats, issus d’une étude rendue publique jeudi 8 septembre au congrès de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) à Honolulu, soulignent un besoin immédiat des politiques internationales de reconnaître la valeur inestimable des zones de nature sauvage, et de faire face aux menaces sans précédent auxquels elles sont confrontées.

«La perte du caractère sauvage de la planète en seulement deux décennies est stupéfiante», commente à l’AFP James Watson, professeur de conservation de la biodiversité à l’université du Queensland, en Australie et co-auteur de l’étude. «Pourtant, ces espaces sont des sanctuaires de la biodiversité menacée et jouent un rôle essentiel pour réguler les climats régionaux et assurer l’existence de nombreuses communautés comptant parmi les plus marginalisées politiquement et économiquement dans le monde».

James Watson concède volontiers les efforts menés à la réhabilitation de certaines espèces en danger, mais l’homme s’inquiète, à juste titre, au sujet des écosystèmes dans leur ensemble, en particulier ces zones sauvages qui ont tendance à être relativement peu étudiées.

«Nous devons impérativement reconnaître que les étendues sauvages que nous pensions à tort être de facto protégées vu leur éloignement, sont en fait en voie de disparition rapide partout dans le monde», ajoute Oscar Venter, professeur à l’Université de Colombie-Britannique du Nord, et co-auteur de ce rapport.

Le rapport, publié dans la revue scientifique Current Biology, fait état de pertes alarmantes, notamment en Amérique du Sud, avec une réduction de 30% des étendues de nature vierge ainsi qu’en Afrique, où le recul atteint 14%. Au total, environ 20% de la superficie des sols terrestres demeurent à l’état sauvage, la majorité se trouvant en Amérique du Nord, au nord de l’Asie et de l’Afrique ainsi qu’en Australie.

James Watson prévient que «sans mesures globales agressives, on risque de perdre les derniers joyaux de la nature car, une fois perdus, on ne peut pas restaurer les processus écologiques des écosystèmes qui ne retrouvent jamais leur état initial».

L’homme invite les siens à réagir : «Si nous ne réagissons pas rapidement, il n’y aura que des petits restes de déserts sauvages autour de la planète, ce qui serait une catastrophe pour la conservation, pour le changement climatique, et pour certaines des communautés humaines parmi les plus vulnérables de la planète», prévient le chercheur. «Nous avons le devoir d’agir pour nos enfants,  et leurs enfants. »

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