Un dirigeable solaire pour atteindre la stratosphère

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Crédits : Airbus

Désormais opérationnel après quelques déboires, le dirigeable solaire Zephyr S devrait mettre une dizaine de jours pour atteindre la stratosphère. Le prochain test devrait définitivement dire si l’engin peut s’installer durablement dans cette couche de l’atmosphère.

Un record presque battu

En 2002, le technicien britannique Chris Kelleher concevait le tout premier Zephyr. L’intéressé désirait être à l’origine du tout premier engin capable de voler éternellement dans la stratosphère, à entre douze et cinquante kilomètres d’altitude. Afin de parvenir à mener son projet à bien, Chris Kelleher a principalement parié sur des matériaux ultralégers et surtout l’énergie solaire.

Airbus récupéra le projet en 2013 et tenta des améliorations avant des tests pratiqués par l’armée de l’air des États-Unis (US Army). Il s’agissait dans un premier temps de battre plusieurs records, notamment celui du plus long vol. En 1959, Robert Timm et son copilote John Cook avaient en effet effectué un vol de 64 jours, 22 heures et 19 minutes dans leur Cessna 172 Skyhawk.

En 2022, le Zephyr S a presque battu ce record à quelques heures près. Toutefois, cette huitième version du dirigeable s’est écrasée dans le désert de Sonora (Arizona) après avoir parcouru pas moins de 56 300 km. D’après les responsables du projet, le prochain essai (à une date encore inconnue) devrait être le bon.

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Crédits : Airbus

Quels objectifs pour le Zephyr ?

Un article publié par la BBC le 14 juin 2023 est revenu sur le Zephyr S, son fonctionnement et ses possibles futures applications. Premièrement, citons sa phase de lancement, nécessitant l’aide de cinq ou six personnes sur la piste de décollage. Après avoir soulevé les 60 kg de l’engin, ces mêmes personnes se mettent à courir de manière synchrone afin de lui donner de l’élan. Une fois dans les airs, le Zephyr S devient autonome dans sa prise d’altitude. En effet, deux petits propulseurs s’activent et permettent à l’appareil de monter. L’objectif ? Atteindre la stratosphère en dix jours et s’installer durablement à une altitude comprise entre 18,3 km et 21,3 km.

Pour l’heure, l’US Army n’a toujours pas communiqué sur la nature des missions qu’elle allait confier au Zephyr S ainsi qu’à ses successeurs. Néanmoins, si Airbus désire battre certains records, l’objectif ultime devrait être tout autre, comme pour tous les projets intégrant des High Altitude Pseudo-Satellites (HAPS). Ainsi, certains projets devraient contribuer à étendre la couverture et la puissance des réseaux 4G et 5G et d’autres faciliter la détection des feux de forêt, entre autres.

Enfin, si l’impact environnemental faisait partie des priorités pour Chris Kelleher, cette notion devrait progressivement s’effacer. En 2024, un géant des télécommunications a conclu un partenariat avec Airbus pour le lancement d’un nouveau Zephyr à des fins commerciales.