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Cette ancienne créature en forme de trombone pouvait vivre plus de 200 ans

Crédits : James McKay

Diplomoceras maximum, qui vécut à la toute fin du crétacé, présentait une grande coquille en forme de trombone. La créature est d’autant surprenante que son espérance de vie pouvait dépasser les deux cents ans selon de nouvelles recherches.

Diplomoceras maximum, était une ammonite, un sous-groupe de céphalopodes éteints. Sa particularité ? Elle développait une grande coquille pouvant dépasser les 1,5 m de long en forme de trombone. Bien que les scientifiques soient depuis longtemps conscients de sa taille et de sa forme impressionnantes, jusqu’à présent, on ne savait pas grand-chose de plus sur cet animal. L’analyse d’échantillons prélevés sur une section d’un demi-mètre de la coquille de l’une de ces créatures nous permet aujourd’hui d’y voir un peu plus clair, et notamment sur sa durée de vie.

Dans le cadre de ces travaux, Linda Ivany et Emily Artruc, de l’Université de Syracuse à New York, ont isolé un modèle dans la distribution des isotopes de la coquille qui serait selon elles lié à une libération de méthane opérée chaque année dans le fond marin. En conséquence, elles concluent que chaque nouvelle nervure (ou crête structurelle) de la coque indique une année de vie.

Ces coquilles se développent par accrétion, ajoutant une nouvelle crête chaque année“, souligne en effet Linda Ivany dans New Scientist. Sur la base de ces informations, elles ont ainsi déterminé que certains spécimens pouvaient à leur époque vivre plus de deux cents ans.

Une durée de vie inhabituelle

De nos jours, certaines espèces sont connues pour vivre aussi longtemps, voire plus. Le requin du Groenland (Somniosus microcephalus), la tortue géante des Galápagos ou encore l’oursin rouge géant (Strongylocentrotus franciscanus) en sont des exemples. Toutefois, la découverte est ici plus inhabituelle dans la mesure où les parents modernes de cette ammonite sont connus pour leur durée de vie très courte. Celle d’un poulpe, par exemple, peut varier de quelques mois à quatre ou cinq ans selon l’espèce.

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Une impression d’artiste de Diplomoceras maximum, et sa coquille en forme de trombone. Crédits : James McKay

Reste à savoir pourquoi cette ammonite, qui s’est éteinte en même temps que les dinosaures non aviens il y a environ 66 millions d’années, bénéficiait d’une si longue durée de vie.

Nous savons que Diplomoceras maximum vivait autour de l’Antarctique où la nourriture pouvait parfois se faire très rare durant l’hiver. Linda Ivany spécule que l’ammonite aurait alors pu développer un métabolisme beaucoup plus lent que d’ordinaire de manière à pouvoir faire face. Pour elle, il est également possible que cette longue durée de vie soit une adaptation permettant à ces créatures de maximiser leurs chances de se reproduire dans cet ancien environnement.