in

Dinosaures : l’astéroïde a frappé la terre sous le pire angle possible

Crédits : Chase Stone

De nouvelles simulations faites par des chercheurs de l’Imperial College de Londres suggèrent que l’astéroïde à l’origine de la disparition des dinosaures non aviens a frappé la Terre sous l’angle le plus meurtrier possible.

Il y a 66 millions d’années, un rocher d’une dizaine de kilomètres de diamètre, qui voguait tranquillement dans la ceinture d’astéroïdes, a été détourné de son chemin pour finalement terminer sa route sur notre planète, au large du Mexique. L’explosion (dont la puissance fut équivalente à 10 milliards de bombes atomiques), et les conséquences qui s’ensuivirent, ont mené 75 % des êtres vivants à l‘extinction. Les dinosaures furent les premières victimes, rejoints ensuite par les créatures marines et les plantes.

Toute la vie ne s’est donc pas éteinte, mais cette frappe venue du ciel a tout de même fait énormément de dégâts. Et plus les géologues se penchent sur l’événement, plus il apparaît que cet astéroïde n’a laissé aucune marge de manoeuvre aux dinosaures.

Un impact au pire endroit possible

Dans une étude publiée il y a trois ans dans la revue Scientific Reports, deux chercheurs avaient en effet calculé que cette roche avait à peine plus d’une chance sur dix de déclencher une extinction massive au moment de frapper la Terre.

En effet, l’astéroïde semble avoir percuté une zone de mer peu profonde sous laquelle gisaient de vastes réservoirs d’hydrocarbures et de gypse qui n’attendaient qu’une chose : être pulvérisés et incendiés. Il y a 66 millions d’années, seulement 13 % de la surface de la Terre contenait suffisamment de ces matières pour conduire à cette apocalypse, avaient conclu les auteurs de cette nouvelle étude.

Cette matière incandescente a ensuite eu raison du vivant. Les nuages toxiques ont embrasé le ciel, bloquant les rayons du Soleil. La photosynthèse a alors cessé d’opérer, menant les herbivores à mourir de faim, suivis des carnivores.

dinosaures
Crédits : Wikimedia Commons

Une frappe imparable

Mais ce n’est pas tout. Selon de nouvelles simulations informatiques, effectuées par des chercheurs de l’Imperial College de Londres et basées sur des données géophysiques du site d’impact, l’objet aurait également impacté la zone ciblée sous le pire angle possible.

« Nos simulations fournissent des preuves convaincantes que l’astéroïde a frappé à un angle raide, peut-être à 60 degrés au-dessus de l’horizon, et s’est approché de sa cible depuis le nord-est, explique Gareth Collins, principal auteur de l’étude. Pour les dinosaures, il ne pouvait rien arriver de pire ».

Cet angle d’approche, expliquent les chercheurs, a maximisé la quantité de gaz changeants projetés dans la haute atmosphère, dont de grandes quantités de dioxyde de carbone et de soufre. Le soufre aurait été particulièrement dangereux, ce dernier formant rapidement des aérosols capables de bloquer les rayons du Soleil.

Ainsi l’astéroïde responsable de cette extinction massive a frappé la Terre au pire endroit possible, et selon le pire angle possible. Ce qui signifie, si l’on tient compte de la rotation terrestre, que si l’astéroïde avait touché notre planète quelques minutes plus tôt, ou quelques minutes plus tard, les dinosaures auraient pu survivre à l’impact. Et être peut-être encore présents aujourd’hui.

Source