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Ce dinosaure plongeur était un redoutable prédateur aquatique

Natovenator polydontus dinosaure plongeur
Une illustration de Natovenator polydontus dans son environnement. Crédit : Yusik Choi

Une équipe de paléontologues décrit la découverte d’une nouvelle espèce de dinosaure du genre Halszkaraptor. La forme de son corps et ses membres suggèrent qu’il nageait et plongeait comme les pingouins et manchots modernes. L’animal évoluait principalement dans les profondeurs d’une mer du Crétacé, il y a environ 71 à 72 millions d’années, dans ce qui est aujourd’hui la Mongolie. Les détails de l’étude sont publiés dans Communications Biology.

La rationalisation du corps est une adaptation majeure permettant aux animaux aquatiques et semi-aquatiques de se déplacer efficacement dans l’eau. Les oiseaux plongeurs sont connus pour avoir des corps profilés. Cependant, de telles formes corporelles n’avaient pas encore été documentées chez les dinosaures non aviaires, principalement parce que la plupart des théropodes non aviaires connus étaient terrestres, d’où l’intérêt de cette nouvelle découverte.

Les restes bien conservés de ce dinosaure vieux d’environ 72 millions d’années, qui comprennent un crâne presque complet, ont été extraits de la formation Baruungoyot, dans le désert de Gobi (Mongolie). Physiquement, imaginez un animal peu près aussi grand qu’un canard colvert doté d’un long cou.

Les membres antérieurs palmés de l’animal ainsi que les proportions de ses doigts suggèrent qu’il appartenait au genre Halszkaraptor. Ces petits dinosaures théropodes appartenaient à la famille des Dromaeosauridés. Jusqu’à présent, les paléontologues manquaient cependant de fossiles pour estimer véritablement la forme corporelle de ces animaux. On soupçonnait également ces dinosaures d’être semi-aquatiques, mais là encore, le manque de preuve faisait encore défaut.

Ce nouveau squelette, le plus complet des fossiles Halszkaraptor connus, nous permet d’y voir beaucoup plus clair.

Natovenator dinosaure plongeur
Le crâne presque intact de Natovenator polydontus. Crédits : Yuong-Nam Lee

Un redoutable prédateur

N. polydontus n’était probablement pas capable de planer avec ses membres antérieurs courts et aplatis. En revanche, il était visiblement très à l’aise dans l’eau. L’un des indices permettant de tabler sur ses habitudes aquatiques est ses côtes, en particulier la direction dans laquelle elles pointent.

Chez les théropodes terrestres, les côtes dorsales s’étendaient en effet de la colonne vertébrale dans un arc principalement horizontal. Chez N. polydontus, ces côtes sont à l’inverse recourbées vers sa queue. Cette configuration, qui permet d’abaisser la hauteur de la cage thoracique, est une caractéristique clé des oiseaux plongeurs.

Ce fossile offre donc aux paléontologues la première preuve d’un théropode non aviaire avec un corps optimisé pour réduire la traînée dans les environnements aquatiques.

Ces adaptations ainsi que des dents exceptionnellement nombreuses et serrées dans la mâchoire faisaient de ce dinosaure plongeur un redoutable prédateur aquatique. Les chercheurs ont d’ailleurs nommé l’espèce Natovenator polydontus en raison de ces particularités (en latin « nato » = nager, « venator » = chasseur; en grec « venator = beaucoup de dents).

Brice Louvet

Rédigé par Brice Louvet

Brice est un journaliste passionné de sciences. Ses domaines favoris : l'espace et la paléontologie. Il collabore avec Sciencepost depuis près d'une décennie, partageant avec vous les nouvelles découvertes et les dossiers les plus intéressants.