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Un nouveau dinosaure à bec de canard découvert au Japon

Une équipe de paléontologues annonce la découverte d’une nouvelle espèce d’hadrosaure – ou dinosaure à bec de canard – dont les restes ont été fouillés sur l’une des îles du sud du Japon. Les détails de ces travaux sont publiés dans la revue Scientific Reports.

Les hadrosaures, connus pour leur museau large et aplati, étaient les dinosaures les plus présents à la fin du Crétacé. Des enregistrements fossiles ont en effet été découverts principalement dans les gisements d’Europe, d’Asie orientale et d’Afrique. Des formes dérivées ont également été retrouvées dans des roches du Crétacé supérieur sur tous les continents, à l’exception de l’Australie et du sous-continent indien.

Ces animaux se caractérisaient entre autres par leur dentition. Ils ne développaient pas de mâchoire articulée comme les mammifères, mais une charnière entre le crâne et la mâchoire supérieure. Cette structure permettait à ces dinosaures d’opérer des mouvements de dents dans tous les sens : de bas en haut, de l’avant vers l’arrière, vers la gauche et vers la droite. De cette manière, ils pouvaient déchiqueter la nourriture comme personne avant de l’avaler.

Ces dents glissaient ainsi les unes contre les autres. Au fur et à mesure qu’elles s’usaient et tombaient, elles étaient remplacées par de nouvelles dents développées en dessous des précédentes. La capacité efficace des hadrosaures à mâcher la végétation est l’un des facteurs qui ont conduit à leur diversité et leur abondance, estiment les chercheurs.

Un nouveau dinosaure au Japon

Ceci étant dit, une équipe de paléontologues dirigée par Anthony R. Fiorillo, de la Southern Methodist University, et Yoshitsugu Kobayashi, du musée de l’université de Hokkaido, ont récemment identifié un nouveau représentant de cette grande famille de dinosaures.

Les restes de cet animal – la mâchoire inférieure, des dents, les vertèbres du cou, les os de l’épaule et une vertèbre de la queue – ont été découvert en 2004 dans une couche de sédiments vieille d’environ 71 à 72 millions d’années sur l’île japonaise d’Awaji.

Ce dinosaure, qui vient d’être nommé Yamatosaurus izanagii, se distinguait par sa dentition, justement. La structure de ses dents suggère en effet qu’il a évolué pour dévorer différents types de végétation que les autres hadrosaures, selon Anthony R. Fiorillo.

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L’emplacement anatomique des restes fossilisés ayant permis d’identifier la nouvelle espèce. Crédits : Scientific Reports

Yamatosaurus se distingue également par le développement de son épaule et de ses membres antérieurs. D’après les paléontologues, ce spécimen représente une étape évolutive dans le changement de démarche de ces animaux, passant d’un marche bipède à une marche quadrupède.

Enfin, la découverte fossilisée fournit de nouvelles informations sur la migration des hadrosaures. Elle suggère en effet que ces herbivores ont migré d’Asie vers l’Amérique du Nord par le pont terrestre de Béring, et non l’inverse. À l’époque où cette espèce évoluait dans l’actuel Japon, ce territoire aujourd’hui insulaire était rattaché à la côte orientale de l’Asie. L’activité tectonique n’a séparé ces terres qu’il y a environ quinze millions d’années, longtemps après l’extinction des dinosaures.