Dans une étude publiée le 25 avril 2017 dans la revue Cell Reports, des chercheurs rapportent avoir examiné les génomes de 1 346 chiens pour créer l’une des cartes les plus diverses et complètes connues à ce jour qui trace l’origine de chaque race. Cette base de données permettra notamment aux chercheurs de pouvoir diagnostiquer les maladies chez les chiens domestiques de manière plus efficace. L’Homme, qui partage certaines maladies avec le chien, est donc également impliqué.

Nous savons au départ que les chiens ont évolué des loups et se sont rapprochés des Hommes il y a plus de 30 000 ans. Chacun y trouvait alors son compte : les loups n’avaient plus besoin de faire d’efforts pour se nourrir, se délectant des restes laissés sur les camps et les Hommes bénéficièrent quant à eux de la protection des loups qui défendaient leur territoire. Au fil du temps, le loup fut alors domestiqué et l’Homme créa le chien par la sélection non plus naturelle, mais artificielle. De ces mutations résultent aujourd’hui près de 400 races différentes et toutes n’ont à ce jour pas encore été séquencées. Pour tenter d’y voir un peu plus clair, des chercheurs ont examiné la séquence génétique de 161 races modernes de chiens. Ils ont alors utilisé ces données pour créer une carte génétique détaillant quand et où chaque race de chien avait évolué.

Cet arbre évolutif montre les relations entre les races de chiens. Crédits : Projet NIH Dog Genome

Cette carte des races de chiens, la plus complète à ce jour, apporte notamment de nouvelles preuves que les chiens ont voyagé avec des humains à travers le pont terrestre de la Béringie, un étroit bras de mer qui sépare aujourd’hui l’Amérique du nord de l’Asie. L’étude souligne également la façon dont les races de chiens les plus anciennes ont évolué ou ont été créées pour remplir certains rôles. Les races les plus populaires en Amérique du Nord et du Sud sont de descendance européenne, mais dans l’étude, les chercheurs ont par exemple trouvé des preuves que certaines races d’Amérique centrale et du sud comme le Peruvian Hairless Dog et le Xoloitzcuintle sont probablement descendues de sous-espèces canines qui ont migré à travers le détroit de Bering avec les ancêtres des Amérindiens. Les scientifiques ont déjà signalé des preuves archéologiques de ce « nouveau monde » canin et cette étude le confirme.

Ce diagramme représentant l’analyse génétique des races de chiens révèle comment les migrations antérieures ont conduit au mélange de races multiples. Crédits : Projet NIH Dog Genome

D’autres résultats étaient plus attendus. Par exemple, de nombreuses races comme le Golden Retriever et l’Irish Setters peuvent tracer leurs origines vers l’Angleterre victorienne. À l’époque où les armes à feu se démocratisaient, notamment pour la chasse, ces deux races de chiens se sont regroupées sur l’arbre phylogénétique tout comme les races d’épagneuls. Les races originaires du Moyen-Orient comme le Saluki et asiatiques telles que le Chow Chows et l’Akitas semblent quant à elles avoir divergé bien avant l’explosion victorienne en Europe et aux États-Unis.

Bien que cette étude puisse aider les chercheurs à mieux comprendre et appréhender l’histoire du chien domestique, cette base de données leur permettra surtout de pouvoir diagnostiquer les maladies chez les chiens domestiques de manière plus efficace. L’Homme est donc également impliqué. Nous partageons en effet avec les chiens des problèmes similaires comme l’épilepsie. Chez l’homme, des centaines de gènes peuvent influencer cette maladie. Cependant, comme les races de chiens sont relativement isolées génétiquement, chaque race ne peut porter qu’un ou deux des gènes impliqués dans l’épilepsie. « En étudiant les chiens, nous pouvons étudier chaque individuellement. C’est beaucoup plus efficace », relève le chercheur.

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