in ,

Mais pourquoi diable cette mouche a les yeux si écartés ?

Crédits : Flickr

Les Diopsidae, une famille de mouches, se distinguent de leurs congénères par des yeux positionnés à l’extrémité de pédoncules oculaires, des excroissances faciales. Trois hypothèses se rencontrent pour expliquer l’origine de tels organes.

Parmi les différentes familles de mouches, il en est une qui est facilement reconnaissable de par un trait physique que l’on ne peut manquer. Il s’agit des mouches Diopsidae, dotées de deux excroissances de chaque côté de la tête appelées pédoncules oculaires, au bout desquelles on trouve les yeux. On appelle cela la morphologie d’hypercéphalisation et de latéralisation du système visuel.

Cette particularité se retrouve chez d’autres insectes, chez des crustacés comme les crevettes ou encore chez des vertébrés, avec le requin-marteau. Mais un tel écart des yeux n’a encore jamais été observé. « La famille des Diopsidae présente toutefois le plus haut degré de complexité de ce processus adaptatif », déclare le biologiste Benoît Gilles. Quels sont alors les mécanismes évolutifs et de sélection à l’origine de tels organes ?

Trois hypothèses sont avancées par la science. La première concerne bien entendu la vision et explique que « les pédoncules oculaires apporteraient un bénéfice par une vision stéréoscopique sur une plus longue distance, 800 mm par exemple chez les mâles Cyrtodiopsis whitei, une distance plusieurs fois supérieure à celle d’autres espèces de mouches sans pédoncules comme le genre Calliphora ».

Une deuxième hypothèse évoque la sélection sexuelle : les femelles sélectionneraient les mâles aux pédoncules oculaires les plus longs, leur conférant un avantage sélectif. La longueur des pédoncules oculaires des mâles renseignerait les femelles sur la « qualité » de leur génome.

Enfin, la dernière hypothèse lie la longueur des pédoncules oculaires à la fertilité du mâle. Ainsi, les femelles en choisissant les mâles aux plus longs pédoncules oculaires augmenteraient leurs chances de reproduction.

Sources : s & a, passionentomologie