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Devrait-on réellement faire du sport dans une ville polluée ?

Crédits : Flickr / neekoh.fi

Faire du sport comporte naturellement des avantages, mais qu’en est-il lorsque l’on fait de l’exercice dans une ville polluée ? À quel moment les risques pour la santé prennent-ils le pas sur les bénéfices de la pratique d’un sport ?

La pollution dans les villes

Il y a peu, l’Agence européenne de l’environnement (AEE) a publié son rapport annuel sur la qualité de l’air dans le monde. Or, le top 3 des villes les plus polluées est incarné par Delhi (Inde) avec en moyenne une concentration PM de 10 à 292 mg/m3, Dakar (Sénégal, 146) et Mumbai (Inde, 104). Sans surprise, le continent le plus touché est l’Asie, où la part la plus importante de la population mondiale se concentre dans de très grandes villes. En revanche, il s’agit bel et bien d’un phénomène mondial.

La pollution atmosphérique en milieu urbain pose de nombreuses questions, mais une d’entre elles est particulièrement pertinente. Comment appréhender le fait de pratiquer une activité sportive dans une ville polluée ? Comment évaluer le moment où les risques deviennent plus conséquents que les bénéfices ?

Crédits : PxHere

Pratiquer un sport au milieu de la pollution

Faire du sport est évidemment bénéfique pour le système cardiovasculaire et les muscles. Cela permet entre autres de réguler la présence de sucre dans notre organisme. En revanche, pratiquer un sport dans un environnement urbain, c’est malheureusement s’exposer à l’inhalation de particules fines et autres gaz polluants émanant des divers types de transports et industries en tout genre. Or, le fait est que lorsque l’on fait du sport, la respiration est plus intensive, si bien que l’on inspire 4 à 10 fois plus d’air que d’ordinaire.

Une étude parue dans la revue Preventive Medicine en 2016 s’est intéressée à l’effort produit par les cyclistes en milieu urbain, et a comparé les effets dans plusieurs grandes agglomérations du monde. Ainsi, un temps de trajet en vélo a été évalué pour chaque ville, relatif à la notion de bénéfice de l’exercice avant que les risques pour la santé prennent le pas. Les chercheurs préconisent seulement une demi-heure de vélo par jour à Delhi (Inde) et 90 minutes pour Shanghai (Chine).

Dans des villes bien moins polluées telles que Londres ou New York, les cyclistes pourraient potentiellement rouler une quinzaine d’heures sans problème. À Paris (hors pic de pollution), ce temps limite de pratique sportive a été évalué à 8 heures. Ainsi, tout dépend de la ville dans laquelle nous vivons, tout en sachant qu’il incombe d’éviter les pics de pollution. A priori, même les villes les plus polluées permettent une séance d’exercice physique (certes courte) avant que la pollution impacte la santé plus que d’ordinaire.

Sources : Sciences et AvenirL’Union

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