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Deux universités se disputent à propos d’une étude controversée sur la viande rouge !

Crédits : Max Pixel

Il y a quelques mois, une étude texane conseillait aux américains et européens de ne rien changer à leur consommation de viande. Vivement critiquée, cette étude s’est trouvée au cœur d’une incroyable affaire. L’université incriminée a réagi en ripostant dans une lettre adressée à Harvard, une autre université ayant critiqué l’étude.

Une étude inacceptable

Au début du mois d’octobre 2019, une étude sur la viande rouge apportait une conclusion étonnante. À l’encontre de toutes les recommandations actuelles, ces recherches publiées par l’Université A&M du Texas (États-Unis) estimait que les adultes vivant en Europe et en Amérique du Nord ne devaient rien changer à leur consommation actuelle. Ainsi, trois à quatre portions en moyenne par semaine seraient acceptables. De plus, la conclusion concerne autant la viande rouge que la charcuterie.

La publication en question était une synthèse de revues concernant environ 800 études menées dans le monde sur les effets de la consommation de viande rouge. Or, les chercheurs ont qualifié de très faibles les liens établis auparavant entre les maladies cardiovasculaires et le diabète et la consommation de viande rouge. Selon les chercheurs, ceci ne justifie aucunement les recommandations actuelles visant à réduire la consommation.

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L’étude texane a suscité de nombreuses réactions, dont celles des chercheurs d’Harvard.
Crédits : HolgersFotografie / Pixabay

Une lettre ouverte

Une semaine après la parution de l’étude, le principal chercheur ayant collaboré aux recherches a été pris à parti. Il s’agit de Bradley Johnston, du Département de santé communautaire et d’épidémiologie de la faculté de médecine de l’Université Dalhousie (Canada). Or, l’intéressé s’était déjà rendu coupable de conflit d’intérêts. En 2016, ce dernier avait dirigé une étude très douteuse sur les risques liés à la surconsommation de sucre.

Les critiques proviennent principalement de chercheurs de la célèbre Université d’Harvard (États-Unis). Ces derniers ont déclaré dans une publication de la JAMA (PDF en anglais / 4 pages) du 15 janvier 2020 que l’étude avait été financée par le lobby du bœuf. Dans une lettre ouverte publiée le 22 janvier 2020, le chancelier de Texas A&M, John Sharp, s’est adressé directement à Lawrence S. Bacow, son homologue d’Harvard. L’intéressé s’est plaint des critiques jugées « contraires à l’éthique » et a demandé que ces accusations soient corrigées. Il a également déclaré que les recherches publiées en octobre 2019 étaient seulement guidées par la science. Néanmoins, nul doute que Harvard ignorera cette requête qui semble infondée.

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