in

Une étude met en garde : il existe probablement deux types de Parkinson

Crédits : sabinevanerp/pixabay

Il n’y aurait pas une, mais deux maladies de Parkinson, avance une étude. L’une prendrait en effet racine dans les intestins et l’autre dans le cerveau. Ces résultats pourraient aider à expliquer pourquoi les patients présentent parfois des symptômes et des évolutions très différentes. Ces travaux pourraient également aider à améliorer notre capacité à traiter ces maladies à l’avenir.

La maladie de Parkinson se caractérise par la destruction des “neurones à dopamine”, impliqués dans le contrôle des mouvements du corps. Certains symptômes se développent alors, tels que la raideur, la lenteur du mouvement et le tremblement au repos. On évalue à 6,3 millions le nombre de personnes touchées par la maladie dans le monde, dont environ 200 000 en France.

Si le mécanisme de la maladie de Parkinson est connu, les causes demeurent inconnues. Afin de comprendre ses racines biologiques, des chercheurs de l’Université d’Aarhus et de l’hôpital universitaire d’Aarhus, au Danemark, se sont appuyés sur des techniques d’imagerie TEP et IRM pour examiner les patients atteints de différents stades de la progression de la maladie.

L’équipe a également examiné plusieurs personnes qui n’avaient pas encore reçu de diagnostic, mais qui souffraient de troubles comportementaux en sommeil paradoxal. L’étude rappelle en effet qu’il s’agit d’un signe avant-coureur de la maladie.

Deux racines différentes

Ceci dit, ces travaux ont révélé que certains patients voyaient leurs voies de dopamine affectées avant que leur cœur ou leurs intestins ne soient touchés. Pour d’autres, à l’inverse, les scans ont montré des dommages aux systèmes nerveux des intestins et du cœur avant que les dommages au système dopaminergique du cerveau ne soient visibles.

Pour les chercheurs, ces résultats montrent que notre compréhension actuelle de la façon dont la maladie se développe et évolue est erronée.

Jusqu’à présent, de nombreuses personnes considéraient la maladie comme relativement homogène et la définissaient sur la base des troubles du mouvement classiques. Mais en même temps, nous nous sommes demandé pourquoi il y avait une si grande différence entre les symptômes des patients“, explique le Professeur Per Borghammer. “À l’aide de techniques de numérisation avancées, nous avons montré que la maladie de Parkinson peut être en réalité divisée en deux variantes qui commencent à différents endroits du corps“.

parkinson
Il n’y aurait pas une, mais deux maladies de parkinson. Crédits : sabinevanerp/pixabay

Body first et Brain first

Les chercheurs ont nommé les deux variantes de la maladie en fonction de leur lieu d’apparition : “body first” pour celle qui naît dans l’intestin et “brain first” pour celle qui se développe d’abord dans le cerveau.

Pour la première, Per Borghammer suggère que l’étude du microbiote intestinal pourrait permettre une meilleure compréhension de la pathologie. Cela pourrait in fine ouvrir la voie à de nouvelles approches thérapeutiques.

Il a été démontré depuis longtemps que les patients atteints de Parkinson ont un microbiome intestinal différent de celui des personnes en bonne santé, sans que nous en comprenions vraiment la signification“, souligne le chercheur. “Maintenant que nous sommes en mesure d’identifier les deux types de maladies, nous pouvons examiner le risque et les facteurs génétiques possibles qui peuvent être différents”.

Étudier la variante “brain first” sera en revanche “un plus grand défi“, admet-il, dans la mesure où ses symptômes apparaissent tardivement. Il apparaît donc plus difficile de pouvoir diagnostiquer les patients concernés suffisamment tôt pour pouvoir ralentir la maladie.