Ces deux produits prouveraient l’existence d’une civilisation avancée

Illustration d'une exoplanète susceptible d'abriter des civilisations avancées. Crédits : ESA / Hubble / M. Kornmesser

Depuis plusieurs années, certains astronomes se concentrent sur la recherche de technosignatures autour de planètes proches susceptibles d’indiquer la présence d’une civilisation avancée. Et si, au lieu de rechercher des signaux radio (comme l’ont fait SETI et d’autres), nous recherchions quelque chose d’un peu différent comme des preuves de pollution atmosphérique produites par les sociétés avancées technologiquement ? C’est l’idée maîtresse d’un article publié par une équipe du MIT.

Bio et technosignatures

Les recherches de preuves de vie extraterrestre se concentrent essentiellement sur la recherche de biosignatures qui sont des indicateurs ou des preuves indirectes de la présence de vie. Les exemples courants de biosignatures incluent la détection de molécules organiques, comme les acides aminés ou les lipides. Ce type de recherche peut également impliquer la détection de processus biologiques tels que la photosynthèse qui produit de l’oxygène ou d’autres gaz en quantités anormales dans l’atmosphère d’une planète.

Cependant, au cours de ces dernières années, certaines équipes, dont le SETI, ont préféré se concentrer sur les technosignatures qui témoigneraient de leur côté de la présence d’une civilisation avancée.

Ce type de recherche repose sur l’idée qu’une telle civilisation pourrait émettre des signaux ou avoir une activité technologique détectable depuis la Terre. Les technosignatures peuvent inclure la détection de signaux radio artificiels, de signaux lumineux ou de structures mécaniques avancées comme les sphères de Dyson (structures hypothétiques qui pourraient entourer une étoile pour capter son énergie).

civilisation avancée technosignatures trifluorure d'azote et de hexafluorure de soufre
Crédits : dottedhippo/istock

Deux composés clés

Plus récemment, une équipe s’est intéressée à deux produits chimiques non créés par la vie : le trifluorure d’azote (NF 3) et l’hexafluorure de soufre (SF 6). Et pour cause, comme le mentionnent les chercheurs dans leur article, « la vie terrestre évite de produire ou d’utiliser des molécules contenant des liaisons NF ou SF et ne fabrique aucune molécule entièrement fluorée avec aucun élément« .

Plus précisément, Le NF3 n’a aucune source non humaine et il était absent de l’atmosphère préindustrielle de la Terre. Le SF6 n’est de son côté libéré qu’en infimes quantités par les minéraux contenant du fluor. Il est aussi probablement produit en quantités insignifiantes par les éruptions volcaniques.

Sur Terre, ces composés sont essentiellement les sous-produits atmosphériques de l’activité industrielle.

Le NF3 est produit principalement dans l’industrie chimique. Il est utilisé dans la fabrication de panneaux solaires, d’écrans plats, d’équipements électroniques et de semi-conducteurs. Le processus de production du NF3 implique généralement la réaction de l’ammoniac (NH3) avec du fluor (F2) en présence d’un catalyseur à haute température.

L’hexafluorure de soufre est quant à lui produit synthétiquement par réaction du fluor (F2) avec du soufre (S) à haute température. Il est notamment apprécié dans l’industrie électrique en raison de ses excellentes propriétés d’isolation. Il empêche en effet les arcs électriques et les décharges partielles dans les équipements de haute tension, ce qui le rend précieux pour le secteur de l’énergie.

Une signature unique

Ces deux composés ont également d’autres qualités pertinentes pour ce type de recherche. En effet, leur solubilité est extrêmement faible dans l’eau et leur durée de vie dans l’atmosphère est très longue. Par ailleurs, ils ont des caractéristiques spectrales tout à fait uniques. Concrètement, si elles étaient identifiées dans l’atmosphère d’une planète lointaine, leurs empreintes spectrales se distingueraient du spectre de fond. La découverte de telles empreintes digitales dans l’atmosphère d’une exoplanète pourrait donc prouver qu’une civilisation raisonnablement avancée les a générées.

Notez enfin que d’autres molécules entièrement fluorées, fabriquées par l’Homme, présentent également un intérêt. Cependant, leurs propriétés chimiques et spectrales ne sont pas disponibles.