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Deux lunes d’Uranus pourraient avoir des océans actifs

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Une illustration d'Uranus et de ses cinq plus grandes lunes, Miranda, Ariel, Umbriel, Titania et Oberon. Crédits : NASA/Johns Hopkins APL/Mike Yakovlev

Selon une étude récente analysant des données collectées par la sonde Voyager 2 il y a près de quarante ans, deux des lunes d’Uranus, probablement Ariel et Miranda, pourraient posséder un océan d’eau liquide souterrain. Cependant, des données plus récentes seront nécessaires pour confirmer ou infirmer cette hypothèse. Il s’agit donc d’une raison supplémentaire de sonder Uranus. 

Le 24 janvier 1986 , Voyager 2 survolait Uranus à 107 000 km de distance, transmettant à la NASA plusieurs photos et données uniques de cette planète. La sonde avait notamment découvert dix nouvelles lunes en plus des cinq déjà connues et mis en évidence la présence d’un champ magnétique dont l’intensité est proche de celui de la Terre et incliné de 60° par rapport à l’axe de rotation de la planète.

Certaines de ces données ont été collectées avec le Low-Energy Charged Particle (LECP). Cet instrument peut être imaginé comme un morceau de bois, les particules d’intérêt jouant le rôle de balles. Plus une balle se déplace rapidement, plus elle pénètre profondément dans le bois. Ainsi, la profondeur de pénétration mesure la vitesse des particules. Le nombre de « trous de balles » au fil du temps indique également le nombre de particules à divers endroits dans le vent solaire.

Dans le cadre de ces nouveaux travaux, des chercheurs ont examiné ces données à nouveau et les résultats sont particulièrement intéressants. Les détails de ces recherches ont été présentés à la 54e conférence annuelle sur les sciences lunaires et planétaires le 16 mars et ont été acceptés pour publication dans la revue Geophysical Research Letters.

De l’eau liquide souterraine ?

Les observations récemment rapportées montrent qu’une ou deux des vingt-sept lunes connues de la planète libèrent des particules de plasma dans le système Uranus. Cette détection s’est présentée sous la forme de particules énergétiques repérées par le vaisseau alors qu’il quittait la région. Les deux lunes concernées seraient Ariel et Miranda. « Ce qui était intéressant, c’est que ces particules étaient extrêmement confinées près de l’équateur magnétique d’Uranus« , précise Ian Cohen, principal auteur de l’étude.

Le mécanisme par lequel Miranda et/ou Ariel peuvent faire cela est actuellement discuté, mais selon les auteurs, ces deux mondes pourraient abriter un océan liquide sous leur surface gelée qui projette activement des panaches de matériaux dans l’espace. Les images de Voyager 2 avaient déjà montré des signes physiques de « resurfaçage géologique » sur ces deux lunes, laissant penser qu’elles étaient actives sous leur surface gelée.

Les chercheurs pensent que les particules ont été éjectées selon un processus similaire à celui observé sur Encelade, l’une des lunes de Saturne.

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Uranus vue par Voyager 2 en 1986. Crédits : NASA/JPL-Caltech

Plus de données seront nécessaires avant que l’on puisse déterminer de manière concluante que ces particules proviennent des océans souterrains d’Ariel et/ou de Miranda. Cependant, ces nouvelles découvertes ne font que renforcer le désir des scientifiques planétaires de renvoyer une sonde autour d’Uranus. De nombreux chercheurs militent d’ailleurs actuellement en ce sens. Si elle devait voir le jour, une telle mission devrait être lancée avant le début des années 2030.

Brice Louvet, expert espace et sciences

Rédigé par Brice Louvet, expert espace et sciences

Brice est un journaliste passionné de sciences. Ses domaines favoris : l'espace et la paléontologie. Il collabore avec Sciencepost depuis près d'une décennie, partageant avec vous les nouvelles découvertes et les dossiers les plus intéressants.