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Deux jours après le décès, notre corps n’est pas tout à fait mort

Crédits : Comfreak / Pixabay

Un duo de chercheurs américains a découvert que des centaines de gènes restaient actifs jusqu’à près de deux jours après la mort. Une découverte qui pourrait impacter le domaine de la transplantation ainsi que celui de la médecine légale.

Se sont Peter Noble et Alex Pozhitkov, deux chercheurs aux Universités de Washington et de Seattle, aux États-Unis, qui nous révèlent cette étonnante découverte, indiquant qu’au moment de la mort, des centaines de gènes restent actifs, et ce pour une durée pouvant aller jusqu’à deux jours. Cette activité a été observée chez les souris et le poisson-zèbre, mais il y a des indices que les gènes sont également actifs pendant un certain temps chez les humains décédés.

Pour parvenir à ces conclusions, les deux scientifiques ont étudié et constaté des pics d’activité de 515 gènes sur des cadavres de souris et de 548 gènes sur des poissons-zèbres morts. Pour certains de ces gènes, comme ceux en lien avec le développement fœtal, qui avaient donc disparu depuis la naissance, le réveil a été immédiat après le décès. Mais le plus étonnant, c’est qu’un tel processus a également été observé chez l’humain jusqu’à douze heures après la mort, notamment chez des individus décédés de polytraumatismes, d’une attaque cardiaque ou de suffocation.

Deux hypothèses sont avancées par les chercheurs pour expliquer cela. D’abord, il pourrait s’agir d’un processus physiologique de guérison après une blessure et que, après la mort, certaines cellules ont encore assez d’énergie pour réactiver ces gènes, comme elles le feraient si le corps était encore en vie. L’autre hypothèse concerne les gènes liés au développement embryonnaire. Pour les chercheurs, si ces gènes se réveillent, c’est parce que ceux qui les empêchent de s’activer pendant la vie sont atteints, ou morts, et qu’ainsi ils peuvent se réveiller.

Deux domaines pourraient évoluer grâce à cette découverte. D’abord, celui de la transplantation. En effet, selon Peter Noble, le risque d’avoir un cancer augmente chez les personnes ayant reçu un nouveau foie. Un risque accru qui pourrait s’expliquer par les médicaments anti-rejet qui sont violents pour le système immunitaire, mais également par la réactivation de gènes liés au cancer après le décès du donneur. Des recherches devraient être lancées dans ce sens.

Autre domaine d’activité à être impacté par cette découverte, la médecine légale. En effet, les médecins légistes pourraient à l’avenir déterminer avec plus de précision la chronologie et les causes d’un décès en mesurant le taux d’activités de certains gènes, notamment ceux qui se sont réveillés.

Source : newscientist