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Ce que nous savons du premier Starship qui se posera sur la Lune

Crédits : SpaceX

Nous savons que les prochains astronautes qui se poseront sur la Lune le feront à bord d’un vaisseau Starship de SpaceX. En prévision de cet atterrissage, la NASA exige un premier vol d’essai non habité pour tester les capacités du véhicule. D’après l’agence, celui qui se posera sur le sol lunaire dans le cadre de ce vol d’essai pourrait n’être qu’un squelette de la version qui transportera les astronautes lors de la mission Artemis 3.

Il y a quelques mois, la NASA jetait son dévolu sur SpaceX comme unique prestataire de service dans le cadre de son projet d’atterrisseur lunaire habité. Finalement, sous la pression du Congrès américain, l’agence a revu sa copie, préparant un nouveau contrat pour un second prestataire qui sera choisi prochainement. Toujours est-il que c’est bien SpaceX qui se chargera de poser les premiers humains sur la Lune depuis la fin de l’ère Apollo. Cet atterrissage se fera dans le cadre de la mission Artemis 3 qui doit être lancée en 2025 au plus tôt.

Pour opérer, SpaceX va s’appuyer sur son vaisseau Starship, toujours en cours de tests. L’idée sera de transférer les astronautes depuis la capsule Orion, propulsée dans l’espace par la fusée SLS, vers le Starship. Le véhicule se posera ensuite en surface. Il décollera ensuite pour transférer les astronautes vers Orion qui les ramènera sur Terre.

Avant cela, la NASA exige cependant une mission de démonstration. Plus récemment, l’agence a partagé de nouveaux détails sur ce vol d’essai.

Un seul objectif : atterrir

Concrètement, le vaisseau qui effectuera cet atterrissage sans équipage ne sera pas identique au véhicule utilisé plus tard pour transporter les astronautes sur Artemis 3.

« Pour la démo sans équipage, l’objectif est d’avoir un atterrissage en toute sécurité« , a déclaré Lisa Watson-Morgan, responsable du programme Human Landing System (HLS), lors de la réunion annuelle du Lunar Exploration Analysis Group (LEAG) tenue ce 23 août. « Ce ne sera qu’un « squelette » parce qu’il n’aura qu’à atterrir. Il n’aura pas à redécoller« .

Cet atterrissage aura lieu dans les régions polaires sud de la Lune. En revanche, on ignore encore où précisément. La NASA a récemment partagé plusieurs sites d’atterrissage potentiels pour sa mission habitée, mais ce vol d’essai pourrait se poser ailleurs, l’idée étant de « préserver la science à l’avenir » en ne perturbant aucun site possible d’Artemis 3.

La NASA et SpaceX profiteront de ce vol d’essai pour intégrer plusieurs capteurs et autres charges utiles au véhicule. En effet, quitte à aller sur la Lune, autant en profiter pour faire un peu de science quand même, d’autant que même s’il ne s’agira que d’un squelette, le Starship aura la capacité de transporter de grands instruments. C’est notamment pour cette raison, entre autres, que la NASA a jeté son dévolu sur ce véhicule.

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Illustration d’un vaisseau Starship sur la Lune. Crédits : NASA

Un ascenseur pour descendre en surface

Toujours au cours de cette réunion, Lisa Watson-Morgan a déclaré que SpaceX était jusqu’à présent un « partenaire fantastique« . La société a d’ailleurs été impliquée dans le processus de sélection du site d’atterrissage d’Artemis 3 pour s’assurer que les régions d’atterrissage potentielles soient compatibles avec le Starship. Les ingénieurs et astronautes de la NASA visitent aussi les installations de SpaceX pour des examens et des tests de matériel.

Parmi ces tests figure celui de l’un des attributs uniques du Starship : un ascenseur permettant aux astronautes de passer de la cabine d’équipage à la surface lunaire. « C’est un atterrisseur très grand. Cela ne ressemble pas aux structures traditionnelles que nous avons tous vues dans le passé. Il peut donc être difficile de concilier cela mentalement« , a souligné la chercheuse. Elle a également assuré que la conception de l’ascenseur était robuste, tolérante aux pannes multiples et conçue pour fonctionner dans des conditions lunaires.

Cependant, de nombreux aspects de l’architecture globale d’atterrissage lunaire du Starship restent encore flous. Par exemple, nous savons que SpaceX va devoir lancer un vaisseau « tanker » autour de la Terre dans le but de ravitailler celui qui se rendra sur la Lune. Cependant, on ignore encore combien de lancements seront nécessaires pour une seule mission d’atterrissage.