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Des vagues de plus en plus extrêmes affectent l’Arctique, et ce n’est pas une bonne nouvelle

Crédits : Pexels.

Avec le recul de la banquise, les vagues deviennent de plus en plus extrêmes à proximité du bassin arctique. Une évolution inquiétante quand on sait l’érosion et les dégâts qu’elles peuvent provoquer au niveau des littoraux. Et cette tendance est amenée à s’accélérer selon des résultats publiés ce 7 juillet par le Journal of Geophysical Research.

Dans le contexte du changement climatique, le bassin arctique joue d’une certaine façon le rôle du canari dans la mine de charbon. En effet, à de nombreux égards, la région se présente comme un éclaireur des bouleversements en cours. Citons entre autres un réchauffement 2 à 3 fois plus rapide que la moyenne globale et un recul des glaces particulièrement abrupt. En raison de cette sensibilité, le monde Arctique est activement suivi par les chercheurs.

Une tendance à des vagues de plus en plus extrêmes

Dans cette perspective, une nouvelle étude parue ce 7 juillet avertit qu’en climat plus chaud, la fréquence et l’intensité des vagues extrêmes s’aggraveront sensiblement. Or, ces dernières ont des impacts notablement délétères sur l’environnement, l’économie locale ou encore les communautés et les infrastructures côtières.

Selon les chercheurs, la hauteur annuelle maximale des vagues devrait doubler à tripler près des littoraux d’ici la fin du siècle. Autrement dit, les vagues seront en moyenne supérieures de 2 mètres à celles observées actuellement. Le cas échéant, la fréquence d’inondations côtières extrêmes se verrait multipliée par 7 (± 3). L’incertitude reflétant la dispersion des modèles climatiques utilisés dans le cadre de l’étude.

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Évolution de l’extension de banquise arctique en septembre entre 1979 et 2019 (en millions de km²). Notez le record bas de 2012. Crédits : NSIDC.

Les simulations montrent que l’un des secteurs les plus touchés sera la mer du Groenland. En effet, l’augmentation moyenne de hauteur des vagues pourra y atteindre 6 mètres d’ici 2100. De manière générale, cette évolution dans la dynamique océanique est liée à la disparition de la glace de mer qui laisse une surface d’eau libre toujours plus grande. Ainsi, les vagues peuvent se propager de plus en plus profondément dans le bassin sans perdre en puissance. En particulier, lors des tempêtes d’automne.

Le rôle-clé du recul de la glace de mer

« À mesure que plus de glace fondra et qu’une plus grande partie de la surface de l’océan Arctique sera exposée au vent, la hauteur des vagues augmentera car celle-ci dépend de la distance d’eaux libres sur laquelle le vent souffle » détaille Judah Cohen, spécialiste de l’Arctique n’ayant pas participé à l’étude. « Le retrait de la glace de mer joue un rôle important (…) également en augmentant les probabilités de vents forts au-dessus des eaux libres de glace » ajoute Mercé Casas-Prat, auteur principal du papier.

Enfin, notons que s’il s’agit bien là de projections, une tendance à la hausse des épisodes de vagues extrêmes est d’ores-et-déjà observée. Les communautés locales rapportant une accélération de l’érosion côtière et des dégâts considérables suite à ces épisodes dans certains secteurs. Concluons en mentionnant que la présence de vagues plus énergétiques risque d’accélérer encore plus le recul de la banquise. En somme, un cercle vicieux.

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