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Des tiques “géantes” envahissent l’Europe

Crédits : Alan R Walker / Wikimedia

Particulièrement répandue en Afrique du Nord et en Asie, des tiques “géantes” semblent s’installer en Europe occidentale depuis quelques années. Doit-on s’inquiéter ?

On connaissait Ixodes ricinus, une espèce de tique (aussi appelée tique du mouton) présente en France sur la quasi-totalité du territoire. Mais connaissiez-vous sa cousine Hyalomma marginatum ? Deux fois plus grosse que la première – jusqu’à 2 centimètres de long une fois engorgée de sang – cette espèce répandue en Afrique du Nord, en Asie, et dans certaines parties d’Europe méridionale semble prendre ses aises depuis quelques années plus au nord. En Finlande, au Royaume-Uni, et même en France, notamment. Plus récemment, elle aurait été aperçue aux Pays-Bas (deux fois), ont indiqué des responsables de l’Institut national de la santé publique et de l’environnement (RIVM) dans un communiqué rendu public le 24 juillet.

Des tiques qui traquent leurs proies

Hyalomma marginatum ne se distingue pas uniquement par ses proportions, mais également par sa technique de “chasse”. Si la tique du mouton préfère attendre patiemment dans les hautes herbes qu’un animal “passe par là”, souvent votre chien d’ailleurs, H. marginatum, elle, n’hésite pas à traquer ses proies. Ce qui la rend d’autant plus effrayante. Elles seraient ainsi capables de courir après un “repas” – de préférence un gros animal – pendant près de 10 minutes, guidées par la chaleur corporelle, les vibrations ou les odeurs. Ces tiques pourraient même identifier visuellement une cible à une distance de 9 mètres.

En stop à dos d’oiseaux migrateurs

Se pose alors la question de son “transfert” dans nos contrées. Selon Alicja Buczek, chercheuse au Département de biologie et de parasitologie de l’Université médicale de Lublin, en Pologne, ces tiques seraient apparues en Europe occidentale en faisant du stop. « Le transfert des larves et des nymphes de H. marginatum a lieu pendant les migrations et les reproductions saisonnières d’oiseaux, explique-t-elle. Parallèlement, le changement climatique altère les écosystèmes et remodèle les schémas migratoires des oiseaux, permettant ainsi aux tiques de coloniser des zones géographiques où elles ne vivaient pas auparavant ».

Qu’elles proviennent d’Afrique du Nord ou d’Asie, ces tiques seraient ainsi capables de s’accrocher aux oiseaux pendant au moins 30 jours. Le temps pour elles de se reproduire. Une fois l’heure de partir, les arthropodes se laissent tomber au sol pour pondre jusqu’à 7 000 œufs par femelles.

Doit-on s’inquiéter ?

L’observation de ces tiques dans nos régions suscite depuis quelques années des inquiétudes en matière de santé publique. Ces dernières sont en effet vectrices de la fièvre hémorragique Crimée-Congo, une maladie pouvant causer fièvre, douleurs articulaires, vomissements et saignements non contrôlés. Le danger pourrait notamment venir des chevaux, dont semblent raffoler ces tiques géantes. Les équidés étant eux aussi capables d’héberger le virus, ils pourraient alors le transmettre à l’être humain. C’est en effet ce qu’il se passe en Afrique, généralement.

Notez tout de même que pour l’heure, aucune tique porteuse de cette maladie n’a a ce jour été trouvée sur notre sol. Mais les autorités sanitaires restent aujourd’hui très attentives.

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