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Des sacrifices humains entourent une tombe mystérieuse vieille de 5000 ans

Crédits : Başur Höyük Research

Fin juin 2018, une découverte étrange était faite avec une tombe de l’ère mésopotamienne contenant deux enfants âgés de 12 ans : une fille et un garçon. Celle-ci était entourée de têtes de lance en bronze et de huit cadavres… potentiellement des sacrifices humains.

Les scientifiques estiment que la tombe a au moins 5 000 ans. À cette époque, l’écriture en pictogramme n’existe pas encore, et on est au tout début de la maîtrise de l’irrigation.

Les huit sacrifices humains ont été placés juste à l’extérieur de la tombe. Le site de Basur Höyük est situé dans le sud-est de la Turquie. L’équipe a déterminé l’âge de six des sacrifices humains et a constaté que les victimes avaient entre 11 et 20 ans.

ville de Mardin devant les plaines mesopotamiennes
Ville de Mardin, situé juste devant les plaines mésopotamiennes. Crédit : Pxhere

Une découverte exceptionnelle

Ces deux jeunes de 12 ans, ainsi que les huit sacrifices humains, « ont été déposés durant un seul événement, et disposés avec un nombre sans précédent de biens funéraires de grande qualité pour la période et la région ».

La tombe mésopotamienne a été découverte en 2014. Les chercheurs chargés de l’étudier sont :

  • Brenna Hassett, chercheuse post-doctorale en archéologie au Natural History Museum de Londres
  • Haluk Sağlamtimur, professeur d’archéologie à l’Université Ege d’Izmir, en Turquie

Les restes d’un adulte ont également été trouvés à côté des deux enfants, mais ce corps pourrait provenir d’une sépulture antérieure qui s’est mélangée avec les deux enfants de 12 ans, a déclaré la chercheuse Brenna Hassett.

Les scientifiques ne peuvent pas être sûrs et certains qu’il s’agit de sacrifices. En effet, les squelettes des enfants présentent des marques de traumatismes violents. Par contre, ce n’est pas le cas des corps devant la tombe, ce qui tendrait à prouver le sacrifice. Mais d’un autre côté, « les blessures par arme blanche visent normalement les parties molles du corps, celles-ci disparaissent » fait remarquer Brenna Hassett.

Ce qui tend à prouver les sacrifices humains

Les sacrifiés ont été enterrés avec des textiles, des perles et des céramiques. D’après « l’habillage soigneux et le positionnement des corps à l’extérieur de la porte de la chambre principale, il semble que les huit auraient été des morts d’accompagnement ».

Le terme « morts d’accompagnement » fait référence aux personnes qui ont été sacrifiées afin qu’elles puissent accompagner ou servir les autres dans leur vie après la mort.

Une découverte qui soulève plusieurs questions

La découverte laisse les archéologues avec une série de mystères :

  • Qui étaient les deux jeunes de 12 ans qui semblent être au centre de l’enterrement ?
  • Ont-ils aussi été sacrifiés ?
  • Pourquoi des sacrifices humains ont-ils été accomplis sur ce site ?

« Malheureusement, les conditions de conservation n’étaient pas bonnes à l’intérieur de la chambre funéraire, donc nous n’avons aucune preuve que les enfants ont été sacrifiés », a déclaré Hassett. Mais parce qu’ils ont reçu un enterrement complexe, qu’il y a eu des offrandes – entre autres -, il semble qu’ils avaient « un statut social important », ont écrit les chercheurs dans l’étude.

Une tradition qui commençait à se répandre

Partout sur le territoire mésopotamien, on retrouve des traces de sacrifices humains. Les plus anciennes correspondent à cette période de 5 000 ans av. J.-C..

Selon les scientifiques, le sacrifice humain semble s’être installé dans cette période dite des premiers états. Cette tradition qui apparaît serait le premier signe de hiérarchisation entre les individus. 

« Peut-être que ce que nous voyons est une manifestation de puissance par des individus dans une société de plus en plus hiérarchique. Le pouvoir de disposer de grandes richesses et des gens pourrait être le genre de pouvoir qu’il faut exercer pour construire un état. C’est un puzzle vraiment fascinant qui, nous l’espérons, nous en dira plus sur la manière dont les sociétés humaines se forment et changent ».

Dans un futur proche, l’équipe prévoit de faire des analyses d’isotopes stables. Cela permet de déterminer le régime alimentaire et le lieu de naissance d’un individu. Celles-ci seront complétées par des études ADN sur les squelettes.

Sources : Antiquity – LiveScience

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