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Des pendentifs de victimes de la Shoah trouvés près d’une chambre à gaz

Crédits : Yoram Haimi/Autorité des antiquités d'Israël)

Des archéologues polonais annoncent avoir découvert trois pendentifs ayant appartenu à des personnes assassinées à Sobibor, un camp de la mort nazi dans l’est de la Pologne. Deux d’entre eux ont été fouillés à l’endroit même où les victimes ont été forcées de se déshabiller avant de rejoindre les chambres à gaz.

Le complexe de Sobibór était un centre d’extermination nazi situé dans le Gouvernement général de Pologne. Vous le retrouverez aujourd’hui au sud-est du pays, à proximité des frontières actuelles avec l’Ukraine et la Biélorussie. De mai 1942 à l’été 1943, plus de 250 000 Juifs y auraient perdu la vie. Sobibór fut ensuite transformé en camp de concentration pendant quelques mois avant de fermer suite à la révolte du 14 octobre 1943 au cours de laquelle plus de 300 prisonniers réussirent à s’évader (environ cinquante ont finalement survécu).

Trois reliques

Depuis près de dix ans, des archéologues dirigés par Wojciech Mazurek mènent des fouilles sur place. Récemment, ils ont identifié trois pendentifs. Chacun est différent, mais tous proposent des représentations de Moïse et des Tables de la Loi (Dix Commandements) d’un côté, et la prière hébraïque « Shema Yisrael » (la Lecture du Shema) de l’autre.

Les mots encadrés dans chaque pendentif en métal ont été inscrits à la main. Les chercheurs ont également réussi à identifier le pays d’origine de chaque pendentif : Ukraine, Pologne et Tchécoslovaquie.

« L’aspect personnel et humain de la découverte de ces pendentifs est effrayant », a déclaré Eli Eskozido, directeur de l’IAA, dans le communiqué. « Ils représentent un fil conducteur entre des générations de Juifs, en fait un fil épais, vieux de milliers d’années, de prière et de foi. »

Selon l’Autorité des Antiquités d’Israël (IAA), deux de ces pendentifs ont été trouvés dans des « baraques » où les femmes étaient forcées de se déshabiller avant que les gardes ne les poussent dans des chambres à gaz (hommes et femmes devaient se déshabiller séparément). Le troisième pendentif aurait été retrouvé près d’une fosse commune.

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Le pendentif trouvé près de la fosse commune de Sobibor. Seul le côté avec le « Shema » est visible. Crédits : Yoram Chimei/Autorité des antiquités d’Israël

Ces pendentifs étaient communs parmi les communautés juives d’Europe de l’Est. Cependant, on ne sait pas comment ils se sont répandus.

« Étaient-ils distribués dans les synagogues par les communautés juives locales ou éventuellement produits pour des commandes individuelles ?« , se demande Yoram Haimi, qui a codirigé les fouilles. « Nous continuons actuellement nos recherches et invitons le public à nous fournir davantage de détails les concernant« .