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Des nouvelles encourageantes concernant la maladie d’Alzheimer

Crédits : sbtlneet / Pixabay

Un essai clinique a récemment permis de soulager le déficit cognitif induit par la maladie d’Alzheimer chez plusieurs patients. Et ce après deux mois seulement. Les détails de l’étude sont publiés dans la revue Journal of Alzheimer’s Disease.

La maladie d’Alzheimer reste encore incomprise, mais deux phénomènes cérébraux sont en revanche bien décrits. L’accumulation dans le cerveau de peptides béta-amyloïdes d’une part. Et la transformation des protéines Tau en des formes anormalement phosphorylées et agrégées. Ensemble, ces deux conditions favorisent progressivement la dégénérescence neuronale des patients. Des études précédentes chez la souris ont déjà montré que le fait de propager des ondes électromagnétiques à travers le crâne pouvait améliorer les symptômes cognitifs. Probablement en déstabilisant les faibles liaisons hydrogène qui maintiennent en place ces peptides et protéines. Un premier essai clinique semble aujourd’hui confirmer l’efficacité de cette approche.

Ce n’est ici qu’un petit essai, impliquant huit personnes seulement. Il convient également de noter que deux des auteurs de cet essai ont fondé la société ayant développé le dispositif (NeuroEM Therapeutics). Il pourrait donc y avoir un intérêt commercial. Ceci dit, les résultats – très prometteurs – ont tout de même été évalués par des pairs et publiés dans une revue officielle.

Une perte de mémoire inversée en 2 mois

Pour ces travaux, huit patients diagnostiqués avec une maladie d’Alzheimer légère à modérée ont été équipés d’un casque MemorEM. Il s’agit d’un dispositif qui permet de propager un flux personnalisé d’ondes électromagnétiques dans le crâne. Chacun devait porter son casque deux fois par jour pendant une heure, et ce pendant deux mois.

L’échelle ADAS-Cog, qui va de 5 à 31, permet de “mesurer” le degré de démence d’une personne. Jusqu’à cinq, une personne est considérée comme non atteinte de la maladie d’Alzheimer. À 31, une personne est diagnostiquée avec une forme sévère de la maladie. Ce que nous révèle cette étude, c’est qu’il y a eu un décalage moyen de plus de quatre points sur cette échelle pour sept des huit participants.

Cette évolution correspond au type de déclin cognitif que l’on pourrait s’attendre à voir chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer au cours d’une année. Autrement dit, c’est comme si une année d’impact de la maladie sur les fonctions cognitives avait été annulée en deux mois seulement. Et petit bonus : aucun des participants n’a été victime d’effets secondaires.

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Une patiente portant un casque MemorEM. Crédits : NeuroEM Therapeutics, Inc

Des patients très enthousiastes

« La meilleure indication que ces deux mois de traitement ont eu un effet cliniquement important sur les patients est qu’aucun d’entre eux ne souhaitait restituer son appareil après l’étude », explique le biologiste Gary Arendash, PDG de NeuroEM Therapeutics. L’un d’eux aurait même affirmé être « revenu ».

Certes, il reste encore beaucoup de chemin à faire, mais ces résultats semblent très prometteurs. Les chercheurs prévoient d’ores et déjà la mise en place d’un second essai clinique impliquant 150 participants dans quelques mois. Les patients traités pour ce premier essai étaient également si enthousiastes qu’ils ont été autorisés à poursuivre le traitement pendant 17 mois.

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