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Des mini placentas incroyablement réalistes cultivés en laboratoire

Un "mini-placenta" fait de trophoblastes. Crédits : Université de Cambridge

Une équipe de chercheurs explique avoir réussi à faire se développer des mini-placentas en laboratoire. Une prouesse qui permettra de comprendre certains soucis médicaux rencontrés par les femmes au cours de leur grossesse.

Comprendre les complications qui surviennent parfois au cours du premier trimestre de grossesse reste compliqué. Le placenta humain est un organe à part, très différent de celui d’autres espèces animales. Pour mieux l’étudier, des chercheurs sont alors partis dans l’idée de créer des versions artificielles de ces organes en laboratoire. Une méthode ingénieuse qui vise à comprendre les complications vécues par beaucoup de femmes pendant leur grossesse.

« Notre connaissance de cet organe important est très limitée »

« Lorsque le placenta ne fonctionne pas correctement, cela peut provoquer de graves problèmes, tels que la pré-éclampsie ou une fausse couche. […] Mais notre connaissance de cet organe important est très limitée, car nous manquons de bons modèles expérimentaux », explique en effet dans un communiqué Margherita Turco, principale auteure de l’étude publiée dans Nature.

Pour ce faire, les chercheurs ont alors dû isoler et cultiver des cellules dites “trophoblastes”, formées seulement quelques jours après la fécondation. De ces cellules se forment en effet plus tard le placenta et le cordon ombilical. Ici elles ont été recueillies à environ six et neuf semaines chez des femmes volontaires, pour ensuite être cultivées en laboratoire.

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Crédits : Max Pixel

Des mini-placentas

Après 14 jours, les chercheurs ont alors obtenu des sortes de “mini-placentas”. Ceux-ci fonctionnaient de la même manière que ceux retrouvés dans le corps des femmes enceintes. Ces organoïdes ressemblent tellement à leurs versions naturelles qu’ils ont même été capables de produire un résultat positif à un test de grossesse, notent les chercheurs. Ils ont donc été capables – comme les placentas naturels – de sécréter l’hormone gonadotrophine chorionique humaine (que les tests de grosses détectent).

Comprendre les dysfonctionnements

Les recherches ne font que commencer, et aucun résultat n’a donc encore été publié. Mais les chercheurs espèrent à terme être en mesure de mieux appréhender les agents infectieux susceptibles d’interagir avec les placentas et d’entraîner des dysfonctionnements.

L’étude pourrait également permettre d’évaluer comment certains médicaments affectent le placenta. Ou encore comprendre pourquoi le virus Zika peut traverser le placenta pour affecter les cellules du cerveau fœtal, alors que le virus de la dengue en est incapable.

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