Des sociétés de transport internationales ont dépensé des milliards de dollars pour contourner une nouvelle législation environnementale. Des milliers de bateaux ont été équipés de dispositifs de « triche » destinés à rejeter les déchets dans l’eau plutôt que dans l’air !
Une nouvelle législation contournée
L’Organisation maritime internationale (IMO) a revu à la baisse sa tolérance concernant les rejets polluant des bateaux, tels que le soufre. Ces dispositions, qui entreront en vigueur le 1er janvier 2020, ont d’ores et déjà suscité une réaction de la part des sociétés de transport internationales. Comme l’explique The Independant dans un article du 1er octobre 2019, plus de 12 milliards de dollars ont été dépensés par ces sociétés. L’objectif ? Équiper les navires d’un dispositif leur permettant de contourner la nouvelle législation.
Plus précisément, il est question d’épurateurs à boucle ouverte. Ceux-ci extraient le soufre des gaz d’échappement des navires fonctionnant au fioul lourd et les rejettent dans l’eau plutôt que dans l’air. Ce contournement de la nouvelle législation prend donc la forme d’une augmentation du volume de polluants rejetés en mer. Par ailleurs, cela concerne également les émissions de CO2.
Au contraire, un système fermé permet de conserver le soufre dans des réservoirs à confier aux stations d’élimination. Il faut savoir que pas moins de 4 000 bateaux doivent s’équiper de systèmes fermés pour respecter l’échéance de l’IMO. Toutefois, certains acteurs du transport maritime indiquent que seuls 23 paquebots sont dotés d’épurateurs en circuit fermé sur 3 756 bâtiments déjà équipés ou sur le point de l’être.

Crédits : IMO
Une préoccupation majeure
Il faut savoir que les navires à boucle ouverte rejettent pas moins de 45 tonnes d’eau de lavage acide pour chaque tonne de carburant brûlé ! Cette eau est chaude, mais surtout contaminée par des substances cancérogènes et des métaux lourds. Ainsi, la faune sauvage ainsi que les récifs coralliens sont directement exposés au danger.
Le chercheur Bryan Comer du Conseil international pour des transports propres pense que les systèmes ouverts doivent être une préoccupation majeure. Selon l’intéressé, les navires qui en sont équipés consommeront environ 4 millions de tonnes de fioul lourd en 2020 pour un rejet total de 180 millions de tonnes d’eau de lavage.
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