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Des méduses “bioniques” pourraient aider à protéger les océans

Crédits : Rebecca Konte / Caltech

Des chercheurs ont développé une prothèse permettant aux méduses de nager plus rapidement, le tout sans leur faire le moindre mal. Cela va faciliter la surveillance de l’environnement océanique.

Une grande partie du volume océanique reste encore inexplorée. Pour effectuer des mesures, on s’appuie généralement sur des navires dédiés, des bouées ou sur des satellites. Malheureusement, ce type de procédure coûte relativement cher et ces données ne peuvent être relevées que par intermittence. C’est la raison pour laquelle les chercheurs étudient d’autres alternatives. Et pourquoi pas nous inspirer méduses ?

Une prothèse pour “booster” les méduses

Les méduses sont en effet des nageuses très efficaces. Pendant plusieurs années, des chercheurs en robotique des universités de Caltech et de Stanford ont étudié la mécanique de leurs mouvements dans l’espoir de pouvoir les imiter. Ce faisant, nous pourrions alors déployer des robots dans l’océan le but de relever tout un tas de mesures.

Néanmoins, il s’est avéré que le fait de reproduire ces déplacements de manière entièrement artificielle était très énergivore. C’est pourquoi les chercheurs ont décidé de s’appuyer directement sur les méduses. Cela a du sens. Les méduses sont en effet très nombreuses, évoluent dans tous les océans et les mers du monde et sont présentent à toutes les profondeurs, y compris dans les abysses.

Dans cette idée, les chercheurs ont alors développé une sorte de petite prothèse qui, une fois installée sur les méduses, permet d’accélérer leurs mouvements. Plus précisément, le dispositif (comparable à un stimulateur cardiaque) génère un petit courant électrique qui stimule les contractions musculaires de la méduse. Elles vont environ trois fois plus vite.

Un dispositif à améliorer

En testant leur dispositif, les chercheurs ont également mesuré l’apport en oxygène des méduses pendant qu’elles se déplaçaient. Ils ont alors constaté qu’elles utilisaient seulement deux fois plus d’énergie malgré le fait qu’elles voyagent environ trois fois plus rapidement. Nicole Xu, coauteure de l’étude, souligne également que les méduses n’ont pas de récepteurs de douleur et que la prothèse peut être facilement retirée.

Contrôlé sans fil, le système ne permet pour le moment que de faire avancer les méduses. Autrement dit, elles sont encore libres de choisir dans quelles directions elles veulent aller. À terme, les chercheurs espèrent pouvoir affiner leur technologie dans le but de pouvoir contrôler l’intégralité de leurs mouvements (par intermittence) et de répondre en temps réel aux signaux des capteurs embarqués.

En cas de succès, nous pourrions alors avoir accès à différentes mesures comme la température, la salinité ou encore les niveaux d’oxygène dans tous les océans. Or, ces données seront essentielles pour mieux appréhender la réponse de ces environnements encore mystérieux face au réchauffement accéléré de la planète.

Les détails de l’étude sont publiés dans la revue Science Advances.

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