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Des « guerriers » à dos d’éléphants protègent leur forêt en Indonésie

Crédits : Pexels / Pixabay

L’Indonésie est le plus grand archipel du monde avec ses 17 508 îles et îlots, tous peuplés d’une faune et d’une flore exceptionnelle, la plupart du temps endémique. Ce fragile écosystème s’étend sur plus d’1,9 million de kilomètres carrés soit quatre fois la taille de la France. Cela laisse imaginer la quantité remarquable d’espèces qui vivent sur son sol, mais qui sont aujourd’hui menacées d’extinction à cause de la déforestation grandissante.

Malgré le fait que cette déforestation soit dans la majorité des cas totalement illégale, le gouvernement peine à faire valoir la loi au vu de la surface gigantesque du territoire qu’il est difficile de contrôler. L’importance de ce défrichement massif est souvent due au braconnage : des hommes pourchassent les éléphants sauvages pour leur ivoire, capturent les tigres pour leur peau ainsi que les orangs-outans pour leur viande ou leurs petits. Mais cette chasse illégale n’est pas l’unique cause du déboisement, le trafic d’arbres centenaires et la culture intensive de l’huile de palme mettent gravement en danger les forêts indonésiennes.

Face à la perte de ce trésor naturel, la population locale agit elle-même pour stopper la déforestation. De véritables patrouilles s’organisent sur l’ensemble du territoire de Sumatra — l’une des plus grandes îles de l’archipel indonésien — par des hommes que l’on qualifie comme étant des « éco-guerriers ». Ces derniers parcourent la jungle durant plusieurs jours à dos d’éléphants afin de rapporter aux autorités tout ce qui peut y sembler suspect ou illégal. Le mouvement auto-organisé par la population locale a depuis reçu le soutien de plusieurs ONG de la région de Trumon, au nord de Sumatra.

Ces hommes sont aujourd’hui rémunérés par l’USAID, l’Agence des États-Unis pour le développement international. Une vingtaine d’habitants de cette région s’est associée au projet de sauvegarde de la forêt tropicale et agit comme une « patrouille de la jungle » durant 15 à 20 jours par mois. De plus, l’USAID a mis en place des formations dédiées à l’éco-tourisme pour les villageois, qui verront dans la protection de leur patrimoine naturel l’occasion de gagner leur vie sans avoir à décimer la forêt.

Ces projets suscitent donc beaucoup d’enthousiasme chez la population locale, même s’il reste beaucoup de travail avant que la déforestation massive que subit l’ensemble de l’archipel indonésien ne cesse de progresser.

Source : AFP