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Des graines dans l’espace pour créer des super variétés résistantes au climat

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Crédits : Agence internationale de l'énergie atomique

Des chercheurs ont envoyé un lot de nouvelles graines vers la Station spatiale internationale (ISS). L’objectif sera de les soumettre à l’environnement spatial pour aider à créer de nouvelles souches résistantes au changement climatique.

Nouvelle cargaison orbitale

Un vaisseau cargo Cygnus NG-18 a décollé depuis le port spatial de l’île de Wallops ce lundi. Il devrait s’amarrer à l’ISS mercredi à condition qu’il soit capable de surmonter son problème technique ayant empêché le déploiement de l’un de ses deux panneaux solaires. Les fournitures chargées à l’intérieur comprennent une imprimante 3D et des cellules ovariennes bovines, mais également de nouvelles graines de sorgho à grains nutritifs ainsi que l’arabidopsis, une plante couramment utilisée pour les expériences génétiques.

Pendant environ trois mois, ces graines seront exposées à la microgravité, au rayonnement cosmique et à des températures très basses à l’extérieur de la station. L’objectif des chercheurs est d’induire des mutations génétiques capables de rendre les plantes plus résistantes aux fluctuations climatiques résultant du changement climatique. L’expérience est supervisée par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), en collaboration avec l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.

La technique, connue sous le nom de mutagenèse spatiale, a déjà été exploitée en Chine. De son côté, l’AIEA propose depuis de nombreuses décennies une technique similaire, connue sous le nom de mutagenèse nucléaire, qui vise à induire des changements similaires dans l’ADN des plantes en utilisant de courtes rafales de rayonnement à haute énergie en laboratoire.

La FAO et l’AIEA ont déjà développé plus de 3 400 variétés par mutagenèse nucléaire utilisées aujourd’hui par les agriculteurs de plusieurs dizaines de pays. À terme, les chercheurs aimeraient également étudier les différences entre les graines transportées dans l’espace et celles irradiées en laboratoire.

ISS Cygnus
Un vaisseau cargo Cygnus en route vers l’ISS. Crédits : NASA

Soutenir les pays en développement

Des chercheurs feront ensuite germer ces graines une fois celles-ci retournées sur Terre. Les semences les plus performantes pour faire face à la sécheresse et à la chaleur seront ensuite soumises à plusieurs cycles de sélection pour maximiser les traits souhaitables. L’AIEA et la FAO prévoient de distribuer les nouvelles variétés de cultures aux agriculteurs des pays en développement qui sont les plus durement touchés par les fluctuations météorologiques inhérentes au changement climatique.

« Des millions de petits producteurs alimentaires vulnérables à travers la planète ont besoin de toute urgence de semences résistantes et de haute qualité adaptées à des conditions de croissance de plus en plus difficiles« , a déclaré le Directeur général de la FAO, Qu Dongyu, dans un communiqué. « La science innovante comme la sélection spatiale de variétés de cultures améliorées peut aider à ouvrir la voie à un avenir meilleur avec une meilleure production, une meilleure nutrition, un meilleur environnement et une vie meilleure. »

La question des « réparations climatiques » sera d’ailleurs évoquée dans le cadre de la COP27, qui se déroule actuellement. L’idée serait d’amener les pays riches – qui ont contribué à la plupart des émissions qui réchauffent la planète – à fournir de l’argent aux plus pauvres qui en subissent le plus souvent les conséquences  (tempêtes extrêmes, vagues de chaleur, épisodes de sécheresse, montée des eaux).