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Des experts votent en faveur d’une nouvelle ère géologique : l’Anthropocène

Crédits : iStock

Il y a quelques jours, un groupe d’experts a voté en faveur de la redéfinition de notre époque. Les activités humaines ont installé notre planète dans une nouvelle ère géologique, appelée Anthropocène.

En 2016, un groupe de travail composé de plus d’une trentaine de scientifiques était arrivé à une conclusion importante. Que nous avions, en quelque sorte, basculé dans une nouvelle ère géologique : l’Anthropocène. Mais redéfinir une époque ne se fait pas du jour au lendemain. Il faut des preuves. L’Anthropocène doit être observé et mesurable dans les enregistrements géologiques. Autrement dit dans les roches, les sédiments lacustres. Ou dans les carottes de glace ou autres formations, afin de pouvoir être réellement considéré comme une nouvelle époque.

Depuis quelques années le débat est donc ouvert, et de nombreuses études sont menées dans le but de caractériser – ou non – cette nouvelle ère. Et force est de constater que tout le monde semble aller dans le même sens. Un nouveau groupe d’experts a voté la semaine dernière en faveur de cette redéfinition (29 membres sur 34), soulignant les profondes modifications par lesquelles les humains ont transformé la planète. Le rapport est publié dans la revue Nature.

Mais depuis quand ?

Plusieurs « points de départ » ont été proposés, de l’avènement de l’agriculture il y a plus de 10 000 ans à la première explosion de la bombe atomique en 1945. Ce nouveau panel d’experts s’est de son côté exprimé en faveur d’une influence « tardive ». Autrement dit, à partir du milieu du 20e siècle.

« On appelle cette époque la grande accélération, expliquait il y a quelques mois Catherine Jeandel, directrice de recherche CNRS au Laboratoire d’études en Géophysique et Océanographie Spatiales (LEGOS). L’utilisation de combustibles fossiles, de matériaux artificiels, les rejets de méthane, de CO2 etc., tout s’est considérablement accéléré après la Deuxième Guerre mondiale en particulier pendant les Trente Glorieuses. Les retombées radioactives artificielles, liées aux essais nucléaires qui ont connu un pic dans les années 1960, se retrouvent dans les couches géologiques. Quant au plastique, on en trouve déjà dans les couches géologiques à certains endroits », avait-elle ajouté.

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Au revoir l’Holocène, bonjour l’Anthropocène. Crédits : NASA

La Commission internationale de stratigraphie (ICS) – qui supervise le chronogramme géologique – n’a pas encore approuvé cette nouvelle définition. Une proposition officielle sera soumise d’ici 2021 afin de définir formellement ce nouveau chapitre de l’histoire, largement influencé par l’Homme.

On rappelle qu’il y a quelques jours, des capteurs de l’observatoire du Mauna Loa, à Hawaii, enregistraient une concentration de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère terrestre de plus de 415 ppm. Une première dans toute l’histoire de l’humanité.

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