Des échantillons de la face cachée de la Lune sont arrivés sur Terre

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Une image de l'atterrisseur chinois Chang'e 6 sur la face cachée de la Lune, prise par le minirover de la mission. Crédit : CNSA/CLEP

Après environ deux mois passés dans l’espace, la capsule de la mission Chang’e 6 est revenue sur Terre, avec à son bord environ deux kilos d’échantillons prélevés sur la face cachée de la Lune. Il s’agit d’une première.

Une mission historique

La mission Chang’e 6, menée par la Chine, marque un tournant dans l’exploration lunaire en se concentrant sur la face cachée de la Lune, une région encore largement inexplorée.

Si neuf autres missions lunaires précédentes, dont les célèbres missions Apollo de la NASA et quelques sondes robotiques soviétiques, ont rapporté des échantillons lunaires, toutes ces missions les ont prélevés sur la face visible de la Lune. Cette situation laissait donc un vide significatif dans la compréhension scientifique de la Lune, car les deux faces présentent des caractéristiques très différentes.

Dans le détail, la face visible de la Lune, que nous voyons depuis la Terre, est en grande partie recouverte de « maria », des plaines de lave solidifiée qui forment des zones sombres et lisses. En revanche, la face cachée de la Lune est fortement marquée par des cratères d’impact, avec presque aucune maria.

Cette disparité a intrigué les scientifiques pendant des décennies. Pourquoi les deux faces de la Lune sont-elles si différentes ? Quelles sont les conditions géologiques et les événements historiques qui ont conduit à ces différences ? Chang’e 6 a été spécialement conçue pour aider à répondre à ces questions cruciales.

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Cette image du Lunar Reconnaissance Orbiter de la NASA montre l’atterrisseur chinois le 7 juin 2024. Crédits NASA/GSFC/Arizona State University

Détails de la mission

La sonde Chang’e 6 avait été lancée depuis l’île de Hainan le 3 mai.  Le 1er juin, l’atterrisseur s’était alors détaché de l’orbiteur avant d’atterrir dans le cratère Apollo, situé dans le bassin Pôle Sud-Aitken. Ce bassin, l’un des plus grands cratères d’impact de la Lune, est considéré comme un site d’intérêt majeur pour les scientifiques en raison de sa taille et de son emplacement dans la région polaire sud.

Le 6 juin un véhicule d’ascension avait ensuite lancés les échantillons collectées (environ deux kilos) depuis la surface lunaire pour les amarrer à l’orbiteur. Ce dernier avait ensuite entamé son voyage de retour vers la Terre le 21 juin dernier. Tôt ce mardi, la sonde s’est finalement posée en Mongolie intérieure, une région située à l’extrême nord de la Chine.

Les échantillons seront maintenant transportés vers un laboratoire de Pékin pour examen. Notez que Chang’e-6 portait également plusieurs instruments scientifiques, dont un instrument d’analyse spectrale des minéraux et un détecteur de structure pour analyser le sol sous la surface de la Lune. La mission comprenait aussi plusieurs charges internationales, dont un détecteur français de radon, un analyseur d’ions négatifs développé par l’Agence spatiale européenne (ESA) et un réflecteur d’angle laser italien.