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Des drones relâchent des moustiques stériles afin de stopper la propagation de certaines maladies

Crédits : Jérémy Bouyer / CIRAD

Une équipe de chercheurs internationaux travaille sur un projet associant drones et lutte contre les maladies. Il est question d’une nouvelle approche consistant à stériliser des moustiques avant de les relâcher dans la nature par le biais de drones. Il s’agirait d’une solution plus efficace et plus rapide afin de lutter contre la propagation de certaines maladies.

Une approche nouvelle

Les moustiques sont vecteurs de nombreuses maladies, dont le paludisme (malaria), la dengue, le chikungunya ainsi que d’autres fièvres et encéphalites. S’il existe déjà quelques solutions pour limiter la transmission des maladies entre le moustique et l’être humain, aucune n’a permis de régler le problème à grande échelle. Toutefois, une publication dans la revue Science Robotics le 15 juin 2020 évoque une approche nouvelle.

L’équipe internationale menée par Jérémy Bouyer, du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), suggère de stériliser les moustiques mâles avant de les relâcher dans la nature. Après cela, ces insectes continueraient de vivre et d’interagir mais ne pourraient permettre la naissance d’autres moustiques. La stérilisation se ferait à l’aide de radiations avant un stockage à froid dans un genre de cartouches (voir photo ci-après). En fin de processus, des drones embarqueraient ces mêmes cartouches afin de relâcher les moustiques dans des zones bien précises.

Crédits : PxHere

Plus efficace et plus rapide

Pour les scientifiques participant au projet, ce type de contrôle des moustiques pourrait permettre de réduire les risques de transmission de manière drastique. Par ailleurs, cette façon de procéder serait plus efficace et moins gourmande en temps. En ciblant des zones précises, il serait alors possible de sauver de nombreuses vies.

D’autres approches visant à relâcher des moustiques mâles stériles ont déjà eu lieu, avec plus ou moins de succès, notamment en Australie, au Brésil, en Chine ou encore aux États-Unis. Toutefois, le procédé décrit dans cette récente étude pourrait donner des résultats inédits.

En 2017, l’Université Aberystwyth (Pays de Galles) avait déjà utilisé des drones pour lutter contre le paludisme en Tanzanie. L’objectif ? Saboter le développement des larves de moustique avec des insecticides afin d’éviter la propagation. Rappelons également que les drones ont déjà trouvé d’autres applications en matière de santé. En 2019, il était question de transporter du matériel vers les hôpitaux via des drones ou encore des défibrillateurs dans des zones reculées du Canada. Durant le confinement, des drones ont été employés notamment en Espagne et en France pour rappeler les règles aux citoyens.