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Des chercheurs veulent obliger les armées à considérer l’environnement dans leurs actions !

Crédits : iStock

Un groupe de scientifiques a récemment proposé un texte inédit à la commission du droit international de l’ONU. Il y est notamment question d’obliger les armées du monde à prendre en compte l’environnement dans leurs stratégies militaires.

Les militaires doivent penser à l’environnement

Comme le rappelle un article publié dans Vox le 26 juillet 2019, les actes de guerre se situent habituellement en dehors des lois habituelles. Une législation finalement assez peu fournie traite de ce qui est interdit au niveau des armées. Il y est par exemple question des armes utilisées dans les conflits ou encore des droits des prisonniers. En revanche, il s’y trouve bien peu de choses concernant l’écologie. Alors que les enjeux liés à l’environnement et à la survie de nos sociétés semblent être plus que jamais liés, des scientifiques sont récemment montés au créneau.

En ce moment se réunit la commission du droit international de l’ONU (du 8 juillet au 9 août 2019). Parmi les documents examinés lors de cet événement se trouve un texte (PDF en anglais) dont le but est de contraindre les armées à considérer l’environnement dans leurs stratégies. Le 23 juillet 2019, une lettre ouverte rédigée par 24 scientifiques a été publiée dans la revue Nature. Cette dernière plaide en faveur d’une adoption du texte et son apparition dans la 5e convention de Genève.

La guerre est loin d’être écologique

Les chercheurs à l’origine de la lettre estiment que la planète fait face à une grave crise en ce qui concerne la biodiversité. Les auteurs ont cité un récent rapport de l’ONU estimant qu’environ un million d’espèces vivantes sont actuellement menacées de disparition. Cela concerne de nombreuses espèces animales et végétales. L’accent a aussi été mis sur le rythme auquel des espèces disparaissent ou se retrouvent en danger d’extinction.

Il est également question du fait que les États sont souvent bien trop focalisés sur les pertes humaines immédiates lors de conflits. Ces derniers en négligent alors l’environnement, ce qui serait une erreur selon eux. En effet lorsque la Nature souffre, cela est loin d’être sans danger pour la vie en général, dont nous autres humains font partie.

En 1991, l’Irak a enflammé 700 puits de pétrole lors de son retrait du Koweït
Crédits : Wikimedia Commons

Deux exemples parlants

Les conflits armés sont un danger pour l’environnement à plusieurs niveaux. Les zones de guerre voient souvent la faune et la flore disparaître. Il est également question de diverses pollutions, qu’il s’agisse de métaux lourds et autres déchets. Afin de justifier leur soutien au texte, les scientifiques ont évoqué deux conflits armés en exemple.

Premièrement, la guerre du Vietnam (1955-1975) est le premier conflit lors duquel a été évoquée la nécessité de considérer l’environnement en temps de guerre. En effet, les États-Unis avaient largué des dizaines de millions de litres d’agent orange dans le pays. Il s’agissait d’un désherbant puissant visant à raser les forêts servant d’abri et de lieu de culture aux Vietcong. Cet acte est fortement lié à une catastrophe écologique sans précédent, empoisonnant encore aujourd’hui l’eau, les sols, les cultures, la faune et les Hommes.

Les conflits en Irak ont également été cités. En 1991, l’armée irakienne enflammait pas moins de 700 puits de pétrole au moment de sa fuite du Koweït. En 2003, les attaques menées par les États-Unis ont été source de contamination à l’uranium appauvri, responsable aujourd’hui d’une détérioration de l’environnement et de la santé de la population.

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