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Des chercheurs ont créé un ovaire artificiel qui permettra aux femmes de concevoir après une chimiothérapie

Crédits : iStock

Des médecins annoncent avoir fabriqué un « ovaire artificiel » à partir de tissus humains, dans le but d’aider les femmes à concevoir des enfants après un traitement contre le cancer et d’autres thérapies qui peuvent nuire à la fertilité féminine.

Une équipe de chercheurs de Copenhague (Danemark) révèle qu’un ovaire fabriqué en laboratoire pourrait potentiellement garder des ovules humains viables pendant des semaines. Cette approche pourrait un jour aider les femmes à concevoir des enfants après des traitements sévères tels que la chimiothérapie et la radiothérapie. Ces ovaires artificiels implantés pourraient également aider les femmes atteintes de maladies telles que la sclérose en plaques et la bêta-thalassémie, qui peuvent nécessiter des traitements agressifs contre la fertilité.

Les femmes qui font face à un diagnostic de cancer peuvent déjà prélever et congeler du tissu ovarien avant de recevoir les traitements qui nuisent à la fertilité. Quand tout rentre dans l’ordre, le tissu est alors remis et les femmes pourraient continuer à avoir des bébés naturellement. Pour la plupart des patients, la procédure est sûre, mais certains cancers – comme celui des ovaires ou la leucémie – peuvent envahir le tissu ovarien lui-même. Cela signifie que lorsque le tissu congelé est décongelé et remis en place, il y a un risque que la maladie réapparaisse.

Les ovaires artificiels pourraient alors être une option plus sûre. Pour ce faire, les chercheurs expliquent avoir « dépouillé » le tissu ovarien de toutes ses cellules, y compris celles cancéreuses – même latentes. Cela a finalement laissé de tissu de base, fait en grande partie de collagène, la protéine qui donne sa force à la peau. Les médecins ont ensuite ensemencé ce tissu avec des centaines de follicules humains, les minuscules sacs qui contiennent des œufs au stade précoce.

Les chercheurs ont alors expliqué lors de la réunion annuelle de la Société européenne de Reproduction humaine et d’Embryologie à Barcelone, comment ils ont implanté un ovaire artificiel contenant 20 follicules humains dans une souris, pour finalement constater qu’un quart d’entre eux avaient survécu pendant au moins trois semaines. Pendant ce temps, les vaisseaux sanguins avaient commencé à se développer autour de l’ovaire pour le nourrir.

« C’est la première preuve que nous pouvons réellement développer ces ovules. C’est une étape importante sur la route », explique au Guardian Susanne Pors, qui a dirigé les recherches. « Mais il faudra de nombreuses années avant que nous puissions intégrer ce dispositif dans le corps d’une femme ». La chercheuse estime qu’il faudra encore patienter 5 à 10 ans. La recherche à ce sujet n’en est qu’à ses débuts, mais elle semble très prometteuse.