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Des chercheurs ont accidentellement créé une enzyme dévoreuse de plastique

Crédits : Pexels / mali maeder

Quand un « accident » de laboratoire devient une enzyme mutante qui dévore le plastique. En étudiant la bactérie Ideonella sakaiensis, qui se nourrit exclusivement de polytéréphtalate d’éthylène, des chercheurs américains et britanniques ont conçu par hasard une enzyme encore plus efficace.

Des scientifiques ont accidentellement créé une enzyme qui dévore le plastique – notamment celui utilisé pour fabriquer des bouteilles d’eau et de soda – et qui peut normalement prendre des centaines d’années à se dégrader. Dans une étude publiée lundi 16 avril dans les Comptes-rendus de l’académie américaine des sciences (PNAS), des scientifiques révèlent en effet avoir conçu cette nouvelle enzyme « par accident ». Une excellente nouvelle à l’heure où les déchets plastiques s’amoncellent.

Tout a commencé lorsque les chercheurs ont examiné de plus près la structure cristalline d’une enzyme récemment découverte appelée PETase. Celle-ci a évolué naturellement et était déjà connue pour décomposer et digérer le plastique fait de polytéréphtalate d’éthylène. L’enzyme a finalement muté par accident, révélant un nouveau type d’enzyme qui digère le plastique plus efficacement que l’originale. L’amélioration est minime, mais elle laisse entrevoir la possibilité de peaufiner les enzymes dévoreuses de plastique pour augmenter de façon spectaculaire leur appétit pour le polytéréphtalate d’éthylène.

« La chance joue souvent un rôle important dans la recherche scientifique fondamentale et notre découverte n’y fait pas exception », a expliqué John McGeehan, professeur à l’école de sciences biologiques à Portsmouth (Royaume-Uni). Bien que l’avancée soit modeste, cette découverte inattendue suggère qu’il y a de la marge pour améliorer davantage ces enzymes, et nous rapprocher encore d’une solution de recyclage pour la montagne en constante croissance de plastique mis au rebut.

A ce stade, l’étude ne précise pas comment utiliser l’enzyme à plus large échelle qu’en laboratoire, ni ce qu’il adviendrait si ces enzymes étaient multipliées dans la nature. Le recyclage enzymatique pourrait néanmoins représenter une solution viable pour lutter contre des déchets plastiques toujours plus nombreux. Les humains ont déjà déchargé sur la planète environ 9 milliards de tonnes de plastique, dont la moitié a été produite depuis 2004, selon Live Science.