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Des chercheurs déchiffrent le message d’un peigne vieux de près de 4 000 ans

peigne Cananéen
Crédit : Menahem Kahana

En Israël, des archéologues ont mis au jour un minuscule peigne en ivoire portant la plus ancienne phrase connue écrite dans l’alphabet utilisé par les Cananéens qui évolua ensuite pour devenir celui que nous utilisons aujourd’hui. Ce message fait référence à un problème toujours d’actualité de nos jours : celui des poux. Les détails de l’étude sont publiés dans le Jerusalem Journal of Archaeology.

Ce petit objet provient de ruines de l’ancienne ville de Tel Lakish, au centre d’Israël. Au départ, l’artéfact est passé inaperçu, en partie parce que plusieurs de ses « dents » étaient cassées, tandis que le reste de la structure était incrustée de terre. Plus d’une demi-décennie plus tard, des scientifiques ont finalement décidé d’y jeter un nouveau coup d’œil au microscope, ce qui leur a permis de découvrir sa véritable valeur. En réalité, il s’agissait d’un petit peigne sur lequel était inscrite une phrase en langue cananéenne : « puisse cette défense extirper les poux des cheveux et de la barbe« .

Ces quelques mots pourraient prêter à rire, mais ils sont tout sauf banals. Les chercheurs ont en effet daté le peigne à environ 1 700 av. J.-C. Autrement dit, cette formule visant à traiter l’un des plus anciens parasites de l’humanité serait la plus ancienne phrase complète et déchiffrable jamais trouvée dans une écriture alphabétique ancienne, celle des Cananéens. Ce peuple, qui évoluait au Proche-Orient, est en effet connu pour avoir développé les premières formes de l’alphabet qui ont ensuite évolué pour donner naissance aux lettres que nous utilisons aujourd’hui.

peigne Cananéen
Le peigne en ivoire datant d’environ 1700 avant notre ère contenant un sort écrit contre les poux. Crédits : Dafna Gazit, Autorité des antiquités d’Israël

Une brève histoire de l’alphabet

Le cunéiforme en Mésopotamie et les hiéroglyphes en Égypte sont considérés comme les premiers systèmes confirmés d’écriture humaine. Ils ont émergé vers 3 200 av. J.-C.. Ces scripts proposaient des centaines de lettres et étaient en grande partie picturaux, ce qui les rendait très difficiles à apprendre.

À un moment donné, probablement vers 1 800 av. J.-C., un nouveau type d’écriture est apparu dans le Proche-Orient. Celui-ci ne reposait que sur quelques dizaines de lettres répétées et mélangées, chaque lettre correspondant à un seul son de base ou phonème. Une partie de l’intérêt de cet alphabet venait de sa simplicité. Faire correspondre une lettre à un son a ainsi rendu l’écriture et la lecture beaucoup plus faciles à apprendre.

Le développement de cet alphabet ancien n’est pas bien compris, mais selon les spécialistes du domaine, il serait l’œuvre de personnes de langue sémitique qui connaissaient le système d’écriture égyptien.

Plusieurs siècles plus tard, vers 1 100 av. J.-C., ces premières écritures alphabétiques ont été adoptées par les Phéniciens. Ces derniers, qui commencèrent à écrire de droite à gauche, normalisèrent également la forme et la position des lettres. Cet alphabet a ensuite continué d’évoluer, du phénicien au vieil hébreu en passant par le vieil araméen, le grec ancien et le latin posant les bases des caractères modernes d’aujourd’hui.