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Des chercheurs annoncent le premier cas avéré au monde de réinfection au coronavirus

Crédits : geralt/pixabay

À Hong-Kong, un patient a été diagnostiqué une deuxième fois positif au coronavirus SARS-CoV-2, plus de quatre mois après sa première contamination.

Au cours de ces derniers mois, plusieurs hôpitaux à travers le monde ont déclaré des cas positifs après guérisons. Se posait alors forcément la question suivante : peut-on attraper ce coronavirus deux fois ? Beaucoup ont vite écarté l’idée, privilégiant davantage la thèse de la présence de « traces de virus pas complètement éliminées ». À l’instar de Florian Krammer, virologiste à l’Icahn School of Medicine at Mount Sinai à New York (États-Unis).

« Je ne dis pas que la réinfection est impossible mais dans ce court laps de temps, c’est peu probable, avait-il expliqué en mai dernier, interrogé par le New-York Times. Même les formes d’infection les plus légères doivent laisser au moins une immunité à court terme contre le virus chez le patient en convalescence« .

L’inquiétude naissante vis-à-vis de ces possibles cas de réinfection avait tout de même poussé l’OMS à se pencher sérieusement sur la question. À l’époque, l’organisation se voulais aujourd’hui rassurante, expliquant que les patients concernés expulsaient en réalité « les restes de matériaux de leurs poumons, dans le cadre de la phase de récupération« .

Un premier cas confirmé

Et pourtant. Des chercheurs de Hong Kong ont annoncé ce lundi avoir diagnostiqué le premier cas avéré au monde de réinfection au nouveau coronavirus. Les chercheurs insistent : il s’agit bien d’une nouvelle infection, et non des suites de la première essuyé quatre mois plus tôt, rapporte le New York Times.

Si le patient – un homme de 33 ans – avait présenté des symptômes (toux, maux de tête et de gorge, fièvre) lors de sa première infection, il ne présentait cette fois aucun symptôme. Un test de dépistage à l’aéroport de Hong Kong, alors qu’il revenait d’Espagne via le Royaume-Uni, a permis de poser le diagnostic.

À noter également que, d’après les analyses génétiques, ces deux infections successives avaient été causées par deux souches différentes du SARS-CoV-2.

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Crédits : Elchinator/pixabay

« Le SARS-CoV-2 pourrait persister dans la population »

Les experts avaient espéré que ce nouveau coronavirus se comporte davantage comme ses cousins ​​SRAS et MERS qui, après infection, semblent produire une immunité durable de quelques années. Malheureusement, ce rapport laisse à penser que ce n’est peut-être pas le cas. « Nos résultats suggèrent que le SARS-CoV-2 pourrait persister dans la population, comme c’est le cas pour d’autres coronavirus responsables de banals rhumes« , expliquent les chercheurs.

De ce fait, il apparaît peu probable que l’immunité collective puisse éliminer le SARS-CoV-2, « bien qu’il soit possible que les infections suivantes soient moins sévères que la première, comme cela a été le cas pour ce patient« , écrivent les chercheurs dans leur étude acceptée pour publication par la revue Clinical Infectious Diseases.

Quand bien même, « puisque l’immunité peut ne pas durer longtemps après une infection, la vaccination devrait être envisagée même pour des gens qui ont déjà été infectés« , ajoutent-ils.

Certains spécialistes tempèrent néanmoins ces résultats. À l’instar du Dr Jeffrey Barrett, du Wellcome Sanger Institute. « Il est difficile de tirer des conclusions définitives d’un unique cas, explique t-il en commentaire. Vu le nombre d’infections dans le monde, voir un cas de réinfection n’est pas si surprenant« .