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Des champignons dangereux transportés par la fumée des feux de forêt

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Crédits : Université de Floride

Alors que cet été de nombreuses forêts ont subi des incendies ravageurs, des chercheurs s’interrogent à propos d’un phénomène assez particulier. La fumée des incendies peut en effet transporter des agents pathogènes se trouvant dans les sols et la végétation. Or, certains de ces microbes et autres champignons sont encore vivants et peuvent occasionner des maladies.

Des champignons suscitant l’inquiétude

En 2022, des feux de forêt ont occasionné de très importants dégâts dans divers endroits du globe, notamment en Amérique du Nord, en Afrique du Nord ainsi qu’en Europe. La France n’a pas été épargnée, particulièrement en Gironde. Alors que d’années en années, les incendies battent régulièrement des records, des chercheurs ont étudié leurs répercussions sur notre santé, comme l’explique un article publié par Wired le 10 octobre 2022.

Depuis de nombreuses années, la Science sait que les incendies peuvent impacter la santé en raison de la présence de gaz nocifs et autres particules de suie. L’asthme et autres problèmes respiratoires font partie des conséquences possibles, tout comme des nuisances sur le long terme au niveau du système immunitaire.

Seulement il s’avère que les incendies emportent également sur leur passage les agents pathogènes se trouvant dans les sols et la végétation. Or, un certain nombre de ces microbes sont encore en vie et ainsi en capacité d’occasionner des maladies. Parmi les agents en question, citons les champignons qui sont particulièrement source d’inquiétude. En effet, ceux-ci peuvent causer des maladies difficiles à traiter, et même parfois mortelles.

Une solution encore jugée trop risquée

En 2018, une étude de l’Université de l’Idaho (États-Unis) évoquait une corrélation entre un incendie en Californie en 2017 et une augmentation du nombre d’infections fongiques. Or, le fait est que les personnes touchées étaient des patients hospitalisés à plus de 300 km de l’incendie. Malheureusement, il s’avère que les panaches de fumée peuvent s’étendre sur plusieurs centaines de kilomètres.

À l’Université de Floride, des chercheurs – dans le cadre d’un onéreux projet – tentent d’identifier le contenu de la fumée et prévenir les risques de maladies. Il est notamment question de microbes très petits capables de s’enfoncer profondément dans les voies respiratoires. Les scientifiques évoquent des effets particulièrement graves, corrélés à une baisse de la production de lymphocytes T – utiles dans la défense face aux microbes – au sein de la population.

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Crédits : Université de Floride

Mais alors, que faire ? L’étude de 2018 avait montré – à l’aide de drones – que les types de microbes peuvent varier selon le lieu de l’incendie, la nature du combustible ainsi que le taux de combustion. Pour les chercheurs, la technique du brûlage dirigé est appropriée, c’est-à-dire l’élimination du bois mort et des broussailles représentant un danger. Ainsi, en effectuant des brûlages dits « stratégiques », il serait possible de réaliser des combustions complètes et donc de minimiser les produits polluants par rapport à la quantité de combustible consommée. Autrement dit, il s’agit de faire en sorte que la fumée ne s’installe pas de manière durable dans les zones habitées.

Si cette solution est présentée comme capable de limiter la propagation des champignons, celle-ci est encore jugée trop risquée, notamment par plusieurs décideurs politiques. Ainsi, il faudra sûrement attendre un certain temps avant que la méthode soit réellement testée et puisse montrer sa prétendue efficacité.