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Des centaines d’éléphants meurent mystérieusement au Botswana

Crédits : Cyril Taolo

Plus de 350 éléphants sont morts depuis le début du mois de mai dans le nord du Botswana. Une véritable hécatombe dont l’origine est encore mystérieuse.

Tout a commencé au début de mois de mai, avec un premier groupe d’éléphants retrouvés morts dans le delta de l’Okavango, au nord du Botswana. Depuis, les rapports s’enchaînent.

À la fin du mois de mai, plus de 160 pachydermes avaient ainsi perdu la vie. Ce nombre a depuis plus que doublé. Les autorités locales dénombrent à ce jour plus de 350 carcasses, dont 70% ont été retrouvées autour de points d’eau, selon des sources locales qui souhaitent rester anonymes, révèle The Guardian.

Notez qu’aucun décès d’éléphant n’a été signalé dans les pays voisins.

« C’est une décimation massive à un niveau qui n’a pas été vu depuis très, très longtemps », a déclaré le Dr Niall McCann, directeur de la conservation de l’organisation britannique National Park Rescue.

Un empoisonnement par des braconniers ?

Comment expliquer une telle mortalité ? L’hypothèse de la sécheresse a d’ores et déjà été écartée par les autorités locales. Plusieurs autres pistes ont également été évoquées. Certains parlent notamment d’empoisonnement au cyanure, souvent utilisé par les braconniers au Zimbabwe.

Or, il semblerait que les animaux charognards ne soient pas touchés par cette étrange mortalité. Selon certains rapports locaux, il y aurait certes moins de vautours sur les carcasses que d’ordinaire, mais aucun ne présenterait de signes de comportement anormal.

Soulignons également qu’aucune défense d’éléphant n’a pour le moment été arrachée.

Virus, bactérie, champignon ?

D’autres proposent l’émergence d’un pathogène inconnu. Selon plusieurs témoins locaux, certains éléphants auraient été observés en train de tourner en rond, ce qui pourrait témoigner d’une déficience neurologique. « Si vous regardez les carcasses, vous remarquez que de nombreux éléphants sont tombés directement sur leur visage, indiquant qu’ils sont morts très rapidement », poursuit le chercheur.

En outre, il semblerait que des éléphants de tous âges et des deux sexes soient concernés. De nombreux autres pachydermes, actuellement toujours en vie, apparaissent également très fatigués et émaciés, suggérant qu’ils pourraient eux aussi mourir dans les semaines à venir.

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Images aériennes de certaines des carcasses d’éléphants vues dans le delta de l’Okavango. Source : The Guardian

Des tests qui se font attendre

Le meilleur moyen d’en savoir plus serait d’analyser les dépouilles. Or, il semblerait que le gouvernement du Botswana ait tardé à faire les démarches pour tester les échantillons. Un laxisme qui, forcément, interroge les chercheurs.

« Quand vous avez une mortalité aussi massive d’éléphants près des habitations humaines, à une époque où les maladies de la faune sont présentes dans tous les esprits, il semble extraordinaire que le gouvernement ait pris sont temps pour envoyer les échantillons à un laboratoire réputé », poursuit le Dr Niall McCann.

Le Dr Cyril Taolo, directeur par intérim du département de la faune et des parcs nationaux du Botswana, assure de son côté que des échantillons ont été envoyés il y a peu à différents laboratoires (sans vouloir les citer).

« Nous attendons les résultats au cours des deux prochaines semaines », a-t-il déclaré, évoquant les restrictions mises en place dans le cadre de la pandémie de Covid-19 pour justifier ces retards de logistique.