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Des briques de poussière lunaire pourraient garder les astronautes au chaud

Crédits : ESA

Des recherches sont actuellement menées par l’ESA en vue d’établir un village permanent sur la Lune. Mais pour construire, il faut des briques. Et à terme, il va falloir “couper le cordon” avec la Terre.

Cela n’aura échappé à personne : l’Homme veut retourner sur la Lune. Et cette fois, c’est pour y rester. Il va donc falloir construire une base, un habitat permanent. Des structures suffisamment solides et protectrices dans le but de protéger l’intégrité physique des astronautes. Au départ, nous allons devoir nous appuyer sur des matériaux terrestres. Mais faire la navette, ça coûte cher. Ainsi, à terme, la construction d’avant-postes dépendra fortement de l’utilisation de matériaux in situ, telle que la poussière lunaire (ou régolithe). Et ça, l’ESA l’a bien compris.

Des briques de poussière lunaire

L’étude Discovery & Preparation, signée de l’agence et Azimut Space, vise depuis quelques années à mettre au point des briques de poussière lunaire. Mais au-delà de la simple “pierre de construction”, ces briques devront faire beaucoup plus. On rappelle en effet que sur la Lune, les nuits durent 14 jours. Ainsi, pendant deux semaines terrestres, les températures extérieures peuvent être véritablement extrêmes. L’idée serait donc de pouvoir emmagasiner de la chaleur de jour, dans le but de générer de l’électricité la nuit (et éviter que tout le monde gèle).

Pour tester le concept, les chercheurs ont dans un premier temps recueilli de la poussière dans la région de Cologne, en Allemagne, qui présente une structure similaire à celle de la Lune (avec des grains très très fins). S’appuyant sur les analyses d’échantillons rapportés par les missions Apollo, ils ont ensuite recréé un régolithe artificiel en poudre, avant de le transformer en briques. Celles-ci ont alors été chauffées puis fixées à un moteur thermique dans le but de générer de l’électricité.

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Une brique de régolithe “faite maison” mesurant 14 cm de long. Crédits : ESA

« Toute technologie basée sur la Lune serait confrontée à des conditions extrêmement difficiles : nuits longues, températures allant de -173 °C à 127 °C et pressions extrêmement basses, explique Luca Celotti, responsable de projet chez Azimut Space. Nous avons imité ces conditions du mieux possible afin de créer un environnement semblable à la Lune pour notre brique ».

Les premiers tests semblent concluants, note l’ESA. Les chercheurs souhaiteraient maintenant simplifier le processus pour le rendre plus efficace, mais aussi l’étendre afin de déterminer si ces briques peuvent effectivement produire suffisamment d’énergie. « Ce n’est que le premier pas vers la création d’une méthode innovante et durable de stockage de chaleur et de production d’électricité qui pourrait nous permettre d’atterrir sur la Lune », conclut Luca Celotti.

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