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Des arbres vieux de plusieurs millions d’années retrouvés… sous l’océan

Crédits : Pixabay

Des chercheurs ont retrouvé des morceaux de bois d’arbres vieux de 19 millions d’années enfouis sous la surface de l’océan, à plusieurs milliers de kilomètres de leur lieu d’origine.

Sarah Feakins, de l’Université de Californie du Sud, étudie le climat et la vie des plantes depuis de nombreuses années. Avec son équipe, elle a récemment entrepris de forer dans le plancher océanique en plein golfe du Bengale, au nord-est de l’océan Indien, dans le but de remonter des sédiments. Pour cette étude, les chercheurs ont creusé jusqu’à 500 mètres. Ils ont alors découvert un petit trésor : des copeaux de bois.

Des arbres de l’Himalaya

Après analyses, il s’est avéré que ces petits morceaux de bois étaient en réalité les restes d’arbres très anciens, vieux d’au moins 19 millions d’années. Les chercheurs ont également pu déterminer leur lieu d’origine. Si habituellement les arbres retrouvés dans l’océan proviennent des basses terres, ceux-ci avaient été enracinés… dans les montagnes de l’Himalaya. À environ trois kilomètres au-dessus du niveau de la mer.

Pour les chercheurs, ces arbres ont probablement été arrachés suite à l’effondrement d’un glacier, ou à un glissement de terrain. Ils ont ensuite été transportés via différents cours d’eau au gré des moussons et des cyclones, sur des milliers de kilomètres, avant de se retrouver dans le golfe du Bengale. Ces arbres se sont ensuite enfoncés dans l’eau, avant d’être recouverts de sédiments.

carte golfe bengale
Ces arbres ont été transportés des montagnes de l’Himalaya jusque dans le golfe du Bengale. Crédits : Wikipédia

Un nouveau puits de carbone

Cette incroyable découverte a également révélé une information importante concernant le cycle du carbone. Stocké par les arbres et les plantes, l’élément est ensuite libéré lorsque les végétaux brûlent ou se décomposent. Mais parce que ces arbres ont été déracinés et transportés directement dans l’eau, ils n’ont pas pu se décomposer. Le bois, encore “frais” s’est donc retrouvé emprisonné, avec son carbone, au fond de l’océan.

Pour les chercheurs, ces résultats suggèrent que « le carbone organique emprisonné dans les marges continentales (au bord des continents) pourrait être plus élevé que prévu ». Ils estiment que « l’exportation et l’enfouissement rapides du bois représentent désormais une voie extrêmement efficace pour la séquestration du CO2 atmosphérique », peut-on lire dans la revue PNAS.

Il serait donc important de pouvoir évaluer la quantité de carbone qui aurait pu être contenue suite à l’effondrement de ces anciennes forêts, afin de pouvoir anticiper changements climatiques futurs.

« Alors que nous essayions de calculer la quantité de carbone dans toutes les parties du cycle, nous ne savions rien de cette forêt d’arbres fragmentés enfouis dans le fond des océans, explique en effet Sarah Feakins. Nous devons maintenant ajouter ces données à l’équation ».

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