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Des algues piégées dans des gouttelettes peuvent produire de l’hydrogène !

Crédits : NEON_ja / Wikipedia

Selon une récente étude, les algues peuvent aller beaucoup plus loin que la simple production d’oxygène. Enfermées dans des gouttelettes d’eau sucrée, elles peuvent en effet produire de l’hydrogène ! Les meneurs de l’étude doivent maintenant affiner leur technique. Toutefois, il pourrait bien s’agir d’une base solide destinée à servir une future production durable à grande échelle de cette source d’énergie très recherchée.

Détourner la voie photosynthétique normale

De manière générale, les algues produisent de l’oxygène via le processus de photosynthèse. Toutefois, une récente étude publiée dans la revue Nature Communications et pilotée par l’Université de Bristol (Royaume-Uni) et l’Institut de Technologie de Harbin (Chine) fait état d’une technique permettant d’en obtenir de l’hydrogène. Rappelons que l’hydrogène est un possible carburant d’avenir intéressant de nombreuses entreprises. Citons par exemple le géant de l’aéronautique Airbus ayant récemment déclaré vouloir lancer un avion “zéro émission” à hydrogène en 2035.

Les meneurs de l’étude ont développé de minuscules usines microbiennes. Emprisonnées dans des gouttelettes sucrées, ces dernières peuvent produire de l’hydrogène en étant exposées à la lumière du jour. Dans chaque gouttelette, nous retrouvons 10 000 cellules d’algues – du genre Chlorella – ayant fait l’objet d’une compression osmotique. Ensuite, des hydrogénases (enzymes) s’activent et détournent la voie photosynthétique normale afin de produire de l’hydrogène. À l’origine, cette voie permet naturellement de générer de l’oxygène.

goutellette algue hydrogène
Image de microscopie électronique d’une gouttelette dense de cellules d’algues produisant de l’hydrogène. (Barre d’échelle 10 micromètres)
Crédits : University of Bristol

Potentiellement inoffensif pour l’environnement

Selon les chercheurs, 250 000 de ces usines microbiennes peuvent faire l’objet d’une préparation dans un millilitre d’eau seulement ! Afin de booster la production d’hydrogène, les gouttelettes ont été recouvertes d’une fine coque de bactéries (voir ci-après). Leur mission n’est autre que de piéger l’oxygène et faciliter l’activité des hydrogénasses.

hydrogène algue gouttelettes
Crédits : Harbin Institute of Technology / Nature Communications

« L’utilisation de simples gouttelettes comme vecteurs pour contrôler l’organisation des cellules algales et la photosynthèse dans des micro-espaces synthétiques offre une approche de la production d’hydrogène potentiellement inoffensive pour l’environnement », a expliqué dans un communiqué Stephen Mann, principal meneur de l’étude.

Enfin, les chercheurs estiment que leur méthodologie est simple et flexible. Celle-ci pourrait selon eux être démocratisée tout en évitant de nuire à la viabilité des cellules. De plus, outre la production d’hydrogène, cette technique pourrait permettre de fabriquer de l’éthanol. Néanmoins, les chercheurs devront tout d’abord valider son fonctionnement à grande échelle avant d’aller plus loin.