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Dérèglement climatique : l’extinction de certains animaux entrave la capacité des plantes à s’adapter

Crédits : Royal Botanic Gardens Kew

Selon une étude américaine récente, les plantes comptent sur certains animaux afin d’atteindre des lieux que le dérèglement climatique n’a pas gravement impactés. Malheureusement, l’extinction d’espèces animales rend cette entreprise très difficile pour ces mêmes plantes, ce qui pourrait mettre à mal des écosystèmes entiers.

Les animaux ont une fonction écologique importante

L’extinction d’espèces animales est en soi déjà une catastrophe. Toutefois, lorsque cela se produit, nous ne perdons pas seulement l’espèce en question, mais également une de ses fonctions écologiques importantes : la dispersion de graines de diverses plantes (ou dissémination), un phénomène notamment détaillé dans une publication complète des Jardins botaniques royaux de Kew (Royaume-Uni).

Evan Fricke, chercheur au département de biosciences de l’Université Rice (États-Unis), et son équipe ont publié leur étude dans la revue Science le 13 janvier 2022, en collaboration avec des chercheurs de l’Université d’Aarhus (Danemark). Selon leurs travaux, le réchauffement de la planète a rendu certaines régions inhospitalières à de nombreuses espèces d’arbres et autres. Ces végétaux comptent en effet sur la dispersion de leurs graines afin de migrer vers des contrées plus accueillantes, c’est-à-dire où les précipitations sont plus abondantes. Environ 50 % des végétaux font d’ailleurs reposer ce projet de migration sur les animaux se nourrissant de leurs fruits ou leurs noix. En revanche, d’autres dépendent en grande partie du seul vent.

graines fruits dispersion
Crédits : Royal Botanic Gardens Kew

Des perturbations inégalement réparties

Dans le cadre de leurs recherches, les scientifiques ont eu recours à des données provenant d’études déjà existantes sur le comportement de certains animaux. Les chercheurs ont ainsi pu élaborer une carte présentant leur contribution à la dispersion des graines des végétaux. Cette carte comporte des détails portant sur les interactions entre les différentes espèces animales et végétales ou encore la distance de déplacement des graines. Ensuite, ils ont comparé leur résultat à une autre carte montrant l’extinction d’espèces animales sous l’effet des activités humaines et la réduction de leur habitat naturel.

Pour les chercheurs, au niveau de leurs régions tempérées, l’Amérique du Nord, l’Amérique du Sud, l’Europe et l’Australie se trouvent au cœur d’une perte en dispersion de graines plus prononcée. Or, c’est le cas même s’il est question d’une faible perte d’espèces animales. Dans les régions tropicales en Afrique, en Amérique du Sud ou encore en Asie, ces perturbations étaient moins importantes. En revanche, tout pourrait s’accélérer en cas d’extinction d’autres espèces importantes telles que les éléphants.

Les scientifiques sont formels : leurs travaux montrent que les efforts en matière de protection des animaux peuvent réellement aider à lutter contre le dérèglement climatique. Selon eux, la résilience d’écosystèmes entiers peut être davantage menacée en cas de déclin des espèces animales.