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La déforestation au Brésil a battu un nouveau record en avril 2022

Crédits : NASA/JPL.

Malgré l’urgence du dérèglement climatique et les nombreuses alertes, la déforestation en Amazonie se poursuit inexorablement. Preuve en est, un nouveau record pour un mois d’avril a été atteint au Brésil.

Un nouveau record inquiétant

La déforestation en Amazonie et particulièrement au Brésil bat régulièrement des records. En octobre 2021, 877 km² de forêt avaient ainsi disparu au profit de l’agriculture intensive et de l’exploitation minière. Il s’agissait tout de même d’une augmentation de 5 % par rapport à octobre 2020. Et comme l’explique l’agence de presse Reuters dans un article du 6 mai 2022, la déforestation au Brésil vient d’établir un inquiétant record à nouveau.

Au moyen de ses observations satellitaires, le système de surveillance Deter de l’Institut de recherches spatiales INPE au Brésil fait état du déboisement de plus de 1 000 km² de forêt pour avril 2022, du 1er au 29. Plus précisément, 1 012 km² de forêt ont été défrichés, soit l’équivalent de 1 400 terrains de football. Or, cette surface est pratiquement deux fois plus grande que celle du précédent record établi pour un mois d’avril en 2021, avec une surface de 580 km². Il faut également savoir que depuis le début de l’année 2022, le déboisement de la forêt s’étend sur 1 954 km². Or, cette surface est pratiquement deux fois plus importante que celle défrichée sur les quatre premiers mois de 2021, soit 1 153 km².

Rappelons aussi qu’avril est le dernier mois de la saison des pluies. Or, la déforestation est habituellement moins importante à cette période. Pourtant, le record de ce mois d’avril 2022 est très proche du record pour un mois de juin, soit 1 061 km². Ainsi, les données montrent que la pression exercée cette année sur la forêt amazonienne est particulièrement importante.

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Crédits : crustmania / Flickr

Un allié de poids pour les criminels

La situation s’est fortement dégradée depuis l’arrivée du président brésilien Jair Bolsonaro en 2019. Durant ses trois premières années de mandat, la déforestation a augmenté de 75 % en comparaison avec la dernière décennie. Il semble que les orpailleurs, agriculteurs et trafiquants de bois se rendant coupables de déboisement illégal œuvrent en toute tranquillité dans le pays. Pour de nombreux observateurs, le gouvernement Bolsonaro est un allié de poids pour ces criminels.

Selon le collectif MapBiomas, les organes gouvernementaux de protection de l’environnement ont traité seulement 2,17 % des cas reportés par le système de surveillance Deter depuis l’arrivée du président actuellement en place. Citons également Ibama, le principal organe public de protection de l’environnement,  qui aurait dépensé seulement de 41% de son budget dédié à la surveillance.