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Deep Argo révèle peu à peu les secrets des eaux de fond de l’Antarctique

Crédits : Wikimedia Commons.

Le déploiement de flotteurs dédiés à l’observation de l’océan profond a considérablement amélioré notre compréhension de la circulation océanique abyssale. Aussi, les eaux de fond de l’Antarctique, longtemps restées peu accessibles, sont désormais suivies avec une précision sans précédent, comme le révèlent de récents travaux publiés dans la revue JGR Oceans.

Les eaux de fond de l’Antarctique sont les masses d’eau les plus froides et les plus denses du monde. Formées en périphérie du continent blanc, elles tapissent le fond de l’océan Austral et des océans Atlantique, Pacifique et Indien. Bien qu’elles jouent un rôle important dans la régulation du climat global, leur suivi est cependant rendu bien difficile par la grande profondeur à laquelle ces eaux circulent.

Situées à plus de 4000 mètres sous la surface de la mer, on sait relativement peu de choses sur leur évolution. Dans ce contexte, le développement de flotteurs océaniques dédiés au suivi de l’océan profond a permis des avancées significatives au cours des dernières années. Aussi, entre 2018 et 2019, douze flotteurs ont été déployés entre l’Australie et l’Antarctique, un domaine maritime où les eaux de fond de l’Antarctique circulent activement.

eaux de fond de l'Antarctique
Zones de formation des eaux de fond antarctiques. Notez comme ces dernières encerclent le continent blanc et comment elles diffusent vers le Pacifique, l’Atlantique et l’Indien. Les courants froids de profondeur apparaissent en bleu et les courants chauds de surface en rouge. Crédits : NOAA.

Des observations détaillées sur la formation et la circulation des eaux de fond de l’Antarctique

Dans une étude récente, des chercheurs ont analysé les données récoltées par les douze flotteurs de la mission Deep Argo. Disposés dans une région où de précédentes recherches ont rapporté un réchauffement des eaux de fond, les engins d’environ 1,5 m ont mesuré la température et la salinité de l’océan jusqu’à six mille mètres de profondeur, parfois sous la banquise australe, et ce, avec un degré de précision encore jamais atteint auparavant.

Les résultats précisent notre compréhension quant à la façon dont ces eaux de fond se forment et circulent autour de l’Antarctique. Ils ont plus particulièrement révélé une variabilité plus prononcée qu’on ne le pensait, s’exprimant parfois sous forme de pulses au cours desquels une quantité importante d’eau de fond est formée. Enfin, les deux zones de production principales ont été retracées à la mer de Ross et aux côtes de la Terre Adélie.

« Deep Argo a considérablement amélioré notre vision des eaux de fond de l’Antarctique dans le bassin australo-antarctique et s’avérera être un outil essentiel pour surveiller les changements futurs dans l’océan profond en augmentant considérablement les observations, et ce, de manière peu coûteuse », soutient l’étude dans son résumé.